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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 08:57

banniere buffon internet

 

 
Aujourd'hui, continuons à explorer les mystères de la liqueur séminale... A la lecture du savoir, ou surtout du savoir faire actuel, les hypothèses de Buffon etde ses contemporains sont absoluments fascinantes.


 

HISTOIRE NATURELLE.

HISTOIRE DES ANIMAUX.

CHAPITRE II.

 

De la génération des Animaux.

 

 
" On pourrait dire qu’il est très possible, et même fort vraisemblable, que les molécules organiques ne produisent d’abord par leur réunion qu’une espèce d’ébauche de l’animal, un petit corps organisé, dans lequel il n’y a que les parties essentielles qui soient formées ; nous n’entrerons pas actuellement dans le détail de nos preuves à cet égard, nous nous contenterons de remarquer que les prétendus animaux spermatiques dont nous venons de parler, pourraient bien n’être que très peu organisés ; qu’ils ne sont, tout au plus, que l’ébauche d’un être vivant ; ou, pour le dire plus clairement, ces prétendus animaux ne sont que les parties organiques vivantes dont nous avons parlé, qui sont communes aux animaux et aux végétaux, ou tout au plus, ils ne sont que la première réunion de ces parties organiques.

Mais revenons à notre principal objet. Je sens bien qu’on pourra me faire des difficultés particulières " ... " Comment concevez-vous, me dira-t-on, que les particules organiques superflues puissent être renvoyées de toutes les parties du corps, et ensuite qu’elles puissent se réunir lorsque les liqueurs séminales des deux sèxes sont mêlées ? d’ailleurs, est-on sûr que ce mélange se fasse ? n’a-t-on pas même prétendu que la femelle ne fournissait aucune liqueur vraiment séminale ? est-il certain que celle du mâle entre dans la matrice ? etc.

Je répons à la première question, que si l’on a bien entendu ce que j’ai dit au sujet de la pénétration du moule intérieur par les molécules organiques dans la nutrition ou le développement, on concevra facilement que ces molécules organiques ne pouvant plus pénétrer les parties qu’elles pénétraient auparavant, elles seront nécessitées de prendre une autre route, et par conséquent d’arriver quelque part, comme dans les testicules et les vésicules séminales, et qu’ensuite elles se peuvent réunir pour former un petit être organisé, par la même puissance qui leur faisait pénétrer les différentes parties du corps auxquelles elles étaient analogues ; car vouloir, comme je l’ai dit, expliquer l’œconomie animale et les différents mouvements du corps humain, soit celui de la circulation du sang ou celui des muscles, etc. par les seuls principes mécaniques auxquels les modernes voudraient borner la philosophie, c’est précisément la même chose que si un homme, pour rendre compte d’un tableau, se faisait boucher les yeux et nous racontait tout ce que le toucher lui ferait sentir sur la toile du tableau ; car il est évident que ni la circulation du sang, ni le mouvement des muscles, ni les fonctions animales ne peuvent s’expliquer par l’impulsion, ni par les autres lois de la mécanique ordinaire, il est tout aussi évident que la nutrition, le développement et la reproduction se font par d’autres lois ; pourquoi donc ne veut-on pas admettre des forces pénétrantes et agissantes sur les masses des corps, puisque d’ailleurs nous en avons des exemples dans la pesanteur des corps, dans les attractions magnétiques, dans les affinités chymiques ? et comme nous sommes arrivés par la force des faits et par la multitude et l’accord constant et uniforme des observations, au point d’être assurés qu’il existe dans la Nature des forces qui n’agissent pas par la voie d’impulsion, pourquoi n’emploierions-nous pas ces forces comme principes mécaniques ? "

...


" Mais ces forces étant une fois admises, n’est-il pas très naturel d’imaginer que les parties les plus analogues seront celles qui se réuniront et se lieront ensemble intimement ; que chaque partie du corps s’appropriera les molécules les plus convenables, et que du superflu de toutes ces molécules il se formera une matière séminale qui contiendra réellement toutes les molécules nécessaires pour former un petit corps organisé, semblable en tout à celui dont cette matière séminale est l’extrait ? une force toute semblable à celle qui étoit nécessaire pour les faire pénétrer dans chaque partie et produire le développement, ne suffit-elle pas pour opérer la réunion de ces molécules organiques, et les assembler en effet en forme organisée et semblable à celle du corps dont elles sont extraites ? "


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