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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 07:31

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Aujourd'hui, nous suivrons le développement d'un oeuf fécondé avec Harthley, Médecin du Roi d’Angleterre Charles I au 17ème siècle... 

 

HISTOIRE NATURELLE.

HISTOIRE DES ANIMAUX.

 

CHAPITRE V.

Exposition des Systèmes sur la génération.

 


La partie de l’œuf qui est fécondée est très-petite, c’est un petit cercle blanc qui est sur la membrane du jaune, qui y forme une petite tache semblable à une cicatrice de la grandeur d’une lentille environ ; c’est dans ce petit endroit que se fait la fécondation, c’est-là où le poulet doit naître et croître, toutes les autres parties de l’œuf ne sont faites que pour celle-ci. Harvey remarque aussi que cette cicatricule se trouve dans tous les œufs féconds ou inféconds, et il dit que ceux qui veulent qu’elle soit produite par la semence du mâle, se trompent ; elle est de la même grandeur et de la même forme dans les œufs frais et dans ceux qu’on a gardé longtemps, mais dès qu’on veut les faire éclorre et que l’œuf reçoit un degré de chaleur convenable, soit par la poule qui le couve, soit par le moyen du fumier ou d’un four, on voit bientôt cette petite tache s’augmenter et se dilater à peu près comme la prunelle de l’œil : voilà le premier changement qui arrive au bout de quelques heures de chaleur ou d’incubation.


Lorsque l’œuf a été échauffé pendant vingt-quatre heures, le jaune qui auparavant était au centre du blanc, monte vers la cavité qui est au gros bout de l’œuf ; la chaleur faisant évaporer à travers la coquille la partie la plus liquide du blanc, cette cavité du gros bout devient plus grande, et la partie la plus pesante du blanc tombe dans la cavité du petit bout de l’œuf ; la cicatricule ou la tache qui est au milieu de la tunique du jaune, s’élève avec le jaune et s’applique à la membrane de la cavité du gros bout, cette tache est alors de la grandeur d’un petit pois, et on y distingue un point blanc dans le milieu, et plusieurs cercles concentriques dont ce point paroît être le centre.


Au bout de deux jours ces cercles sont plus visibles et plus grands, et la tache parait divisée concentriquement par ces cercles en deux, et quelquefois en trois parties de différentes couleurs ; il y a aussi un peu de protubérance à l’extérieur, et elle a à peu près la figure d’un petit œil dans la pupille duquel il y aurait un point blanc ou une petite cataracte. Entre ces cercles est contenue par une membrane très délicate une liqueur plus claire que le cristal qui parait être une partie dépurée du blanc de l’œuf, la tache qui est devenue une bulle, parait alors comme si elle étoit placée plus dans le blanc que dans la membrane du jaune. Pendant le troisième jour cette liqueur transparente et cristalline augmente à l’intérieur, aussi-bien que la petite membrane qui l’environne. 


Le quatrième jour on voit à la circonférence de la bulle une petite ligne de sang couleur de pourpre, et à peu de distance du centre de la bulle on aperçoit un point, aussi couleur de sang, qui bat ; il parait comme une petite étincelle à chaque diastole, et disparoît à chaque systole ; de ce point animé partent deux petits vaisseaux sanguins qui vont aboutir à la membrane qui enveloppe la liqueur crystalline, ces petits vaisseaux jettent des rameaux dans cette liqueur, et ces petits rameaux sanguins partent tous du même endroit, à peu près comme les racines d’un arbre partent du tronc ; c’est dans l’angle que ces racines forment avec le tronc et dans le milieu de la liqueur qu’est le point animé.


Vers la fin du quatrième jour ou au commencement du cinquième, le point animé est déjà augmenté de façon qu’il paroît être devenu une petite vésicule remplie de sang, et il pousse et tire alternativement ce sang, et dès le même jour on voit très distinctement cette vésicule se partager en deux parties qui forment comme deux vésicules, lesquelles alternativement poussent chacune le sang et se dilatent, et de même alternativement elles repoussent le sang et se contractent ; on voit alors autour du vaisseau sanguin, le plus court des deux dont nous avons parlé, une espèce de nuage qui, quoique transparent, rend plus obscure la vûe de ce vaisseau ; d’heure en heure ce nuage s’épaissit, s’attache à la racine du vaisseau sanguin, et paroît comme un petit globe qui pend de ce vaisseau ; ce petit globe s’alonge et paroît partagé en trois parties, l’une est orbiculaire et plus grande que les deux autres, et on y voit paraitre l’ébauche des yeux et de la tête entière, et dans le reste de ce globe alongé on voit au bout du cinquième jour l’ébauche des vertèbres.


Le sixième jour les trois bulles de la tête paraissent plus clairement, on voit les tuniques des yeux, et en même temps les cuisses et les aîles, et ensuite le foie, les poumons, le bec ; le fœtus commence à se mouvoir et à étendre la tête, quoiqu’il n’ait encore que les viscères intérieurs, car le thorax, l’abdomen et toutes les parties extérieures du devant du corps lui manquent ; à la fin de ce jour, ou au commencement du septième, on voit paraitre les doigts des pieds, le fœtus ouvre le bec et le remue, les parties antérieures du corps commencent à recouvrir les viscères ; le septième jour le poulet est entièrement formé, et ce qui lui arrive dans la suite jusqu’à ce qu’il sorte de l’œuf, n’est qu’un développement de toutes les parties qu’il a acquises dans ces sept premiers jours ; au quatorzième ou quinzième jour les plumes paraissent, il sort enfin, en rompant la coquille avec son bec, au vingt-unième jour.

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