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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 10:38

banniere capharnaum internet

 

 

Souvenir, souvenir aujourd'hui, avec des photos et vidéos inédites de l'orbiter, appelé aussi navette spatiale état-unienne, dont il ne reste plus qu'un envol prévu cette année avant la retraite, bien méritée...

http://www.laboiteverte.fr/premieres-photos-navette-amarree-station-spatiale-internationale/#more-10817

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 19:55

Bonjour à toutes et à tous. 

 

Avec un affreux retard, voici ma chronique portant sur le récent numéro de la revue SF Géante Rouge, nouvelle formule annuelle, qui regroupe essentiellement des textes de fiction, ainsi que de manière fort jubilatoire les meilleurs textes du concours Pépin 2010, consistant à écrire de très courts textes de 300 signes seulement. 

J’espère donner envie d’acheter la revue aux quelques distrait(e)s qui auraient oublier de le faire… 

 

Couv geante rouge 2011

 

Bien sûr, sur treize nouvelles, il est impossible d‘être touché par toutes de manière égal. Mais j’aimerai revenir dans l’ordre sur quelques unes d’entre-elles.

 

Je passe sur mon proche texte datant de 2008, L’ami Thornbjörn au travail, et revue avant publication. C’est aux autres de porter un avis, mais si vous adorez le Capitalisme, le Québec et l‘endoscopie médicale, vous allez apprécier… 

 

Partition de vie de Meddy Ligner

Étrange texte fantastique... L’auteur nous emmène de chansons rock en musiques par le biais d’un personnage prenant le bus, sans pour autant que le texte soit véritablement musical non plus… La nouvelle m’a fait penser à un roman et le film qui en a été tiré, que j’ai eu la chance de voir récemment au cinéma, Abattoir 5, sans que l’histoire soit semblable d‘ailleurs ; juste une question d’ambiance.  

 

Matter Supply de Laurent Million

À mon sens, l’un des meilleurs textes de la revue. C’est glauque, très bien raconté. L’on ressent autant que l’on comprend. Surtout, les personnages parviennent à exister sans de trop longues explications biographiques, psychologiques, technologiques ou sociétales, ce qui est assez rare pour être souligné. L’histoire aurait pu arriver il y a 40 ans ou dans 400 ans, c’est aussi son intemporalité qui fait sa force. 

Je ne vous dis rien sur le thème, lisez donc la nouvelle. 

 

Situation désespérée de Hugo Van Gaert

Basée sur un banal accident spatial, un cosmonaute part à la dérive, la courte nouvelle finit bien, tout en apportant une vraie sensation sur la confusion des sens dans le vide spatial. Texte léger mais agréable, pour passionné(e)s de la Conquête de l’Espace.

 

L’Œil de Skadi de Sébastien Clarac, l’animateur de la Station Fiction

Bonne nouvelle de Hard Science, qui nous emmène dans l’exploration d’une géante gazeuse d’un autre système solaire. Un couple de chercheurs parcourt l’atmosphère dans un ballon qui monte et descend les couches gazeuses, à la recherche de nuages de molécules pouvant abriter une forme de vie. 

Le charme du texte vient de cette ambiance bien décrite de ballon ascensionnel, voir aussi de bathyscaphe sous-marin, qui contraste agréablement avec évidemment une histoire très futuriste.

La fin par contre m’a paru peut-être trop rapide, l’on aimerait voir se développer l’histoire, même si elle est ouverte, prometteuse d’une autre histoire à venir…

 

La Cité des désaxés de Denis Roditi

L’idée est bonne, avec cette police tentaculaire... Mais à mon goût, la nouvelle devrait être plus longue pour pouvoir développer encore plus l‘univers. Basée sur de grandes thématiques, le savant fou, l’utopie sociale définitive qui défaille dès qu’elle se concrétise, le texte parvient peut-être pas à les renouveler radicalement, mais au moins à nous les rendre encore une fois vivantes. 

 

Les dormeurs de Prune Matéo

Excellent texte là aussi, bien écrit avec grâce et poésie, sans surcharge de vocabulaire typiquement SF. J’ai particulièrement aimé la logique narrative de Hard Science qui finalement n‘en est pas vraiment, cette idée d‘une autre forme de vie intelligente, presque impossible en réalité sans doute, que je ne vous révèle pas. Il vous faudra lire la nouvelle…

La fin du texte n’est pas à chute, il n’y a pas de surprise finale et s’est très bien ainsi, contribuant à mon sens à la solidité du texte.  

 

Alors au-delà du pur plaisir de lire des textes inédits d’auteurs en devenir, dont certains vraiment d’un bon niveau, il est intéressant de voir ce qui distingue un texte encore maladroit, d’un bon texte ou d’une texte sublime, extraordinaire, qui vous laisse pantois. 

L’idée d’abord. Le style ensuite. 

 

L’on retrouve encore quelques maladresses, faciles à corriger, pour peu que les auteurs se rendent compte de leur existence, ce qui à titre personnel m’a pris quelques années de travail avec mes correcteurs…

Souvent, le même verbe revient dans deux phrases proches. Une fois que l’auteur a trouvé un verbe qui le satisfait, sans même s’en rendre compte, il le réutilise la phrase d‘après...

Autre incongruité, les mots comme un ou une sorte de sont fréquents, alors qu’ils sont contradictoires. Par exemple, une sorte de couloir, c’est tout simplement un couloir ! La description précise, même sommaire, est mieux qu’une approximation, qui certes fait très littéraire… 

 

Spécifiquement, la SF balade avec elle aussi tout un vrai, faux, pseudo, utile, inutile, jubilatoire vocabulaire SF, façon Star Trek, qui contribue d’ailleurs parfois à rebuter des lecteurs pas habitués à cela. 

Parfois, c’est un vrai plaisir. Parfois, même pour des passionné(e)s, cela devient gênant, voir lassant. Mais encore une fois, le réglage des jauges vocabulaire SF et vocabulaire du dictionnaire est constitutif de ce genre littéraire et constitue donc une réelle difficulté à surmonter pour tout auteur, tout comme la recherche d‘idées nouvelles. 

L’écrivain(e) SF doit donc trouver son propre vocabulaire ; mais cela demande une rare force de travail, car il faut se poser sans cesse des questions, constituer ses propres références sous formes d‘achat de dictionnaires, de constitution de listes de mots sur tous les sujets.  

 

Géante Rouge n°19, nouvelle formule, à découvrir donc, avec ses auteurs et ses menus pépins savoureux.

Gulzar

 

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 13:23

Bonjour à toutes et à tous. 

 

Aujourd'hui un très beau projet graphique de Darren Bacon, extrait d'un film d'animation de Science Fiction à venir, produit par Walt Disney, Mars needs Moms


Darren Bacon fusee martienne 01

 

Je ne sais rien sur le scénario, mais le travail de design me semble très réussi. Vous noterez qu'il est tout de même directement inspiré de celui de la fusée du Professeur Tournesol dans les albums de Tintin d'Hergé cponsacré à la conquête lunaire. Avec également cet aspect glacé issu de la "robote" du film Wall-E.


Darren Bacon fusee martienne 02

Darren Bacon fusee martienne 04

Darren Bacon fusee martienne 05

Darren Bacon fusee martienne 08

Darren Bacon fusee martienne 03

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 17:24

Bonjour à toutes et à tous.

 

Profitant de la venue dans ma ville de la rétropestive Stanley Kubrick, je sors à peine de la salle... Quel bonheur de revoir 2001 sur un écran. Je l'avais visionné récemment trois fois ces dernières années en vhs, à peine correcte sur un minuscule écran.

Mon premier souvenir datait de l'enfance. Lors d'un séjour à Paris, mes parents m'avaient emmené voir ce film insolite dans une grande salle. Le souvenir marquant qu'il m'en était resté était cedéfilé de couleurs et de lumière précédant la transformation finale de l'astronaute...

Jusqu'à présent, je vous ai fait grâce d'une chronique sur ce film mille fois décortiqué, analysé, aimé ; préférant évoquer des films plus rares ou peu connus, comme Scanner Darkly, Solar Crisis par exemple. Il en existe des centaines, en comptant des films d'animations, des dessins animés.

Je ne sais quoi dire de nouveau sur 2001, sinon que ce film reste une forte référence en terme de narration, que ce soit cinématographique ou littéraire par la mise en images d'un texte.

Le mieux sans doute est un jour d'aboutir à un scénario de film d'anticipation qui puisse souffrir la comparaison avec ce film puissant de Stanley Kubrick, à défaut de jamais l'égaler. Ce sera déjà formidable...

Je reverrai aussi Barry Lyndon, j'ai hâte de savourer l'extraordinaire lumière de ce film, uniquement soleil et bougies...

Gulzar

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 09:30

banniere buffon internet

 

 

Aujourd'hui, nous verrons pourquoi le Comment est plus salutaire en Science que le Pourquoi. ...

 

HISTOIRE NATURELLE.

HISTOIRE DES ANIMAUX.

CHAPITRE II.

 

De la Reproduction en général.

 

 

" Tout ceci étant bien entendu, examinons maintenant la question de la reproduction des êtres.
Si l’on nous demande pourquoi les animaux et les végétaux se reproduisent, nous reconnaîtrons bien clairement que cette demande étant une question de fait, elle est dès lors insoluble, et qu’il est inutile de chercher à la résoudre ; mais si on demande comment les animaux et les végétaux se reproduisent, nous croirons y satisfaire en faisant l’histoire de la génération de chaque animal en particulier, et de la reproduction de chaque végétal aussi en particulier ; mais lorsqu’après avoir parcouru toutes les manières d’engendrer son semblable, nous aurons remarqué que toutes ces histoires de la génération, accompagnées même des observations les plus exactes, nous apprennent seulement les faits sans nous indiquer les causes, et que les moyens apparents dont la Nature se sert pour la reproduction, ne nous paraissent avoir aucun rapport avec les effets qui en résultent, nous serons obligés de changer la question, et nous serons réduits à demander, quel est donc le moyen caché que la Nature peut employer pour la reproduction des êtres ?

Cette question, qui est la vraie, est, comme l’on voit, bien différente de la première et de la seconde, elle permet de chercher et d’imaginer, et dès lors elle n’est pas insoluble, car elle ne tient pas immédiatement à une cause générale ; elle n’est pas non plus une pure question de fait, et pourvu qu’on puisse concevoir un moyen de reproduction, l’on y aura satisfait, seulement il est nécessaire que ce moyen qu’on imaginera, dépende des causes principales, ou du moins qu’il n’y répugne pas, et plus il aura de rapports avec les autres effets de la Nature, mieux il sera fondé.

Par la question même il est donc permis de faire des hypothèses et de choisir celle qui nous paraîtra avoir le plus d’analogie avec les autres phénomènes de la Nature ; mais il faut exclure du nombre de celles que nous pourrions employer, toutes celles qui supposent la chose faite, par exemple, celle par laquelle on supposerait que dans le premier germe tous les germes de la même espèce étaient contenus, ou bien qu’à chaque reproduction il y a une nouvelle création, que c’est un effet immédiat de la volonté de Dieu, et cela, parce que ces hypothèses se réduisent à des questions de fait, dont il n’est pas possible de trouver les raisons : il faut aussi rejeter toutes les hypothèses qui auraient pour objet les causes finales, comme celles où l’on dirait que la reproduction se fait pour que le vivant remplace le mort, pour que la terre soit toujours également couverte de végétaux et peuplée d’animaux, pour que l’homme trouve abondamment sa subsistance, etc. parce que ces hypothèses, au lieu de rouler sur les causes physiques de l’effet qu’on cherche à expliquer, ne portent que sur des rapports arbitraires et sur des convenances morales ; en même temps il faut se défier de ces axiomes absolus, de ces proverbes de physique que tant de gens ont mal-à-propos employés comme principes, par exemple, il ne se fait point de fécondation hors du corps, nulla fœcundatio extra corpus, tout vivant vient d’un œuf, toute génération suppose des sexes, etc. il ne faut jamais prendre ces maximes dans un sens absolu, et il faut penser qu’elles signifient seulement que cela est ordinairement de cette façon plutôt que d’une autre.

Cherchons donc une hypothèse qui n’ait aucun des défauts dont nous venons de parler, et par laquelle on ne puisse tomber dans aucun des inconvéniens que nous venons d’exposer ; et si nous ne réussissons pas à expliquer la mécanique dont se sert la Nature pour opérer la reproduction, au moins nous arriverons à quelque chose de plus vraisemblable que ce qu’on a dit jusqu’ici. "

Découvrons cette hypothèse la semaine prochaine !

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 09:10

Bonjour à toutes et à tous.

 

Aujourd'hui, pas de citation, mais une petite interview de René Barjavel, datant de 1974, apparemment pour la préface d'une réédition de Ravage, son premier roman de 1943, un grand éveil à la SF pour moi.

 

Il paraît, René Barjavel, que, lorsque vous poursuiviez vos études, vous étiez toujours premier en français. Est-ce ce qui vous a amené "tout doucement" à écrire ou avez-vous eu la "révélation " ?

La "révélation", je l'ai eue en classe de quatrième, quand mon professeur de français,après avoir lu en classe ma "composition française", me dit que j'étais "intelligent". Ce fut une grande surprise car jusqu'alors je me traînais dans les derniers de la classe et dans un morne ennui... Je crois qu'il y a dans mon cas une grande part d'hérédité : mon nom, en provençal, signifie bavard et le premier de mes aïeux qu'on nomma Barjavel devait être un homme qui n'arrêtait pas de raconter des histoires... Le premier jour où j'entrai au Progrés de l'Allier, à dix-neuf ans, comme rédacteur à tout faire, j'écrivis une "chronique". Un demi-siècle (presque !) après, je continue...


Ravage est votre premier livre. Il a eu tout de suite un succès foudroyant. Est-ce que cela ne vous a pas un peu tourné la tête de connaître, à trente et un ans, le vertige des gros tirages ?

Tourné la tête ? Non. Mais une joie, une joie !... Mitigée d'ailleurs d'un certain étonnement, assez semblable à celui que j'éprouvai en classe de quatrième quand fut lue ma composition. Cet étonnement, je n'en suis pas encore revenu... Je ne suis pas rassuré... Cet accord avec le public me semble fragile, miraculeux, susceptible d'être remis en question à la parution de chaque livre, de chaque article. C'est pourquoi je "m'applique" tant à ce que je fais, comme mon père s'appliquait à son pain pour ne pas rater sa fournée. D'abord parce qu'on doit bien faire ce qu'on fait, pour sa propre joie. Ensuite pour la joie de ceux qui mangeront le pain. Enfin pour conserver leur fidélité. Et pour continuer de gagner sa croûte... Aujourd'hui, un nouveau livre, c'est important, certes, mais plus jamais l'émotion du premier...


La catastrophe qui se produit dans le roman a-t-elle été inspirée par les événements de l'époque ?

En 1942, en effet, on était "au plein" de la Seconde Guerre mondiale. Plus que la guerre qui était alors en cours, c'est le chemin pris par notre civilisation qui m'a fait prévoir la catastrophe de Ravage. Si je l'écrivais aujourd'hui les péripéties en seraient peut-être différentes, mais le ton général ne changerait pas. Et je situerais le désastre beaucoup plus près de nous...


On peut, à la lecture, avoir 1'impression que les propos tenus par l'empereur noir Robinson - et l'offensive qui les a suivis - peuvent être assimilés au comportement de Hitler avant le (et au moment du) déclenchement du dernier grand conflit mondial. Est-ce que cette assimilation a été volontaire de votre part ?

Oui, cette silhouette lointaine et menaçante de l'empereur noir voulait rappeler les terribles mois de 1938 (Munich) et 1939, où Hitler faisait peser sur l'Europe le poids effrayant de sa voix. Il n'y avait pas encore la télé et on entendait cette voix sauvage, à laquelle on ne comprenait rien, qui tombait du ciel dans les haut-parleurs- ceux qui n'avaient pas de poste allaient écouter ses discours au café ou parfois même sur la place de la mairie - comme celle d'un démon noir qui faisait le bruit de la haine et de la mort. Si bien que la guerre nous apporta, le soulagement. On se dit : "Enfin nous allons en finir avec ce fou !" Nous étions persuadés que nous serions de retour dans trois semaines. On nous avait tellement dit qu'il n'avait que des tanks en carton...


Ravage tient une place de choix parmi les ouvrages de science-fiction. Vous en avez écrit d'autres de la même veine, notamment la Nuit des temps et le Grand Secret. Qu'est-ce qui vous a incité à vous lancer dans ce qu'on désigne maintenant par un sigle, la SF comme on le fait d'ailleurs aussi pour la bande desssinée, la BD ?

Le désir d'échapper au traditionnel roman d'analyse psychologique. Aux "états d'âme". A la "littérature''. Les drames, les comédies, les tragédies même, personnelles, familiales, nous les vivons, nous sommes plongés dedans chaque jour, saturés, submergés, glouglou... Je n'ai aucune envie de les retrouver dans les livres, ni ceux des autres ni les miens. La SF permet d'ouvrir des fenêtres vers tous les horizons du temps et de l'espace et de s'intéresser à de vastes problèmes qui concernent nonplus tel ou tel couple ou trio ou quatuor, dans ses exercices toujours recommencés, mais l'espèce humaine tout entière. C'est le sort des hommes qui m'intéresse, non celui d'un seul.


Beaucoup de gens considèrent encore la science-fiction comme une littérature de deuxième zone ; le roman policier est aussi souvent victime de la discrimination qui classe à un niveau inférieur cette "paralittérature". Que pensez-vous de ce jugement assez répandu ?

La SF est méprisée en France par les petites chapelles littéraires confites dans l'autosatisfaction et le rare fumet des faibles tirages. Mais le grand public va vers elle de plus en plus car elle lui apporte autre chose. Malheureusement, il y a en SF, comme dans la littérature traditionnelle, une grande majorité de mauvais écrivains. Et c'est sur eux que les dénigreurs jugent tout l'ensemble. Mais il y a aussi des génies. Je pense à un grand nombre d'auteurs américains, ou à Stanislas Lem ou a de rares Soviétiques. La SF n'est pas un genre littéraire. C'est une nouvelle littérature, qui comprend tous les genres : satirique, lyrique, psychologique, poétique, et surtout épique. Asimov et Van Vogt en particulier ont ressuscité l'épopée, morte depuis le Cycle d'Arthur. C'est toujours par l'épopée qu'une littérature commence.


Lorsque vous décrivez la façon de vivre des gens de 2052, leur habitat, leur alimentation, leurs transports, vous avez certainement fait oeuvre d'imagination, mais peut-être aussi vous êtes-vous appuyé sur les progrès prévisibles de la science. Quelles sont les parts respectives de la pure invention et de la futurologie raisonnable ?

Je prends grand soin de ne rien écrire qui ne soit un jour vraisemblablement réalisable si on suit le strict sentier de la logique. Mais la science nous étonne toujours. Elle va plus vite que nous, et sur des sentiers imprévisibles. Toujours l'inattendu arrive. Aucun auteur de SF n'avait prévu la lumière cohérente et ses conséquences : le laser et l'hologramme. Mais ils en font un grand usage depuis... Je me tiens au courant - autant qu'il est possible - des découvertes scientifiques, et celles que j'invente aujourd'hui seront certainement réalisées un jour, car elles restent dans le domaine du possible. Sauf peut-être le scaphandre du temps du Voyageur imprudent.


Ravage est dédié à vos grands-pères paysans ; vous avez ainsi écrit Tarendol, un roman auquel vous avez donné pour titre le nom du village dont vos ancêtres sont originaires ; les rescapés de la catastrophe décrite dans Ravage trouvent finalement refuge dans la vallée de l'Aigues. Vous ressentez donc une tendresse certaine pour votre pays natal. Y restez-vous très attaché non seulement sentimentalemeni, mais aussi matériellement ?

Je n'y ai pas gardé un mètre carré de terre, pas un pied d'olivier. J'y retourne rarement. Ce pays dont je parle est un pays dont je me souviens. C'est un morceau du passé. On ne peut pas le retrouver. Le présent l'a couvert de ciment et a remplacé les oliviers par des vignes et des abricotiers. Peut-être irai-je quand même y mourir.


Vous avez adapté pour le cinéma le Petit Monde de Don Camillo, et depuis on dit de vous que vous êtes l'homme qui fait gagner de l'argent au cinéma. Est-ce que maintenant votre travail de scénariste, d'adaptateur; de dialoguiste vous absorbe plus que celui d'écrivain, de romancier ?

Pendant vingt ans, j'ai travaillé pour le cinéma. J'ai pu heureusement m'y arracher, grâce au succès de mes derniers romans. Le métier d'auteur de cinéma est un métier d'esclave : il faut faire plaisir à tout le monde, réalisateur, producteur, distributeur, acteurs, sauf à soi-même... Je suis revenu avec bonheur à mon activité de romancier. Il n'y a pas au monde de créateur plus libre qu'un romancier devant son papier blanc, en France, aujourd'hui. Pourvu que ça dure...


Une dernière question, René Barjavel. Nous avons parlé de l'écrivain et de l'homme de cinéma. Vous êtes aussi journaliste, donnant régulièrement des chroniques à diverses publications, vous travaillez aussi pour la radio et la télévision. Comment pouvez-vous mener de front toutes ces activités ? Avez-vous encore des loisirs ?

NON...

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 16:30

tableau Chevre

 

Très jolie planche trouvée lors de mes recherches pour l'un des romans en préparation de 36, quai du Futur. Et oui, après la chèvre de Monsieur Seguin, la chèvre dans l'Espace...

En réalité, cette animal est un compagnon déjà ancien des humains et doit avoir toute sa place dans l'avenir, même quelque peu modifiée. Elle accompagnera le principal personnage tout au long du roman, élément insolite qui apportera ce ton léger que je recherche au beau milieu de problématiques sérieuses, sans lesquelles il n'est pas de véritable SF de qualité. 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 13:33

Très belle vue de l'observatoire du Pic du Midi.

CielHiverPic sallez800

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 11:13

Très beau travail aujourd'hui de Pascal Blanché, explorant le design non pas robotique mais humain, entre cyborg et végétation luxuriante reliant l'individu à de mystérieuses fonctions que l'on suppose gigantesques.

Nous perdons là de la mobilité pour sans doute de fabuleux pouvoirs ! Sinon, à quoi bon ? 


pascal blanché 01

pascal blanché 02

 

Pour ce troisième dessin, nous devenons libellules, elfes, mais pour rejoindre quel ciel ?


pascal blanché 03

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 07:26

Bonjour à toutes et à tous.

 

Toujours du souci informatique... Impossible désormais avec mon vieil ordinateur de metrre des images sur mon blog. je dois donc le faire ailleurs. Prochaines chroniques pour la semaine prochaine donc seulement, avec la bande dessinée Logicomix, la fantastique série Haber, trois tomes déjà parus. Ainsi que quelques vieux films de SF tout à fait savoureux et un petit livre passionnant sur les mythes scientifiques.

Encore désolé de ce retard...

Gulzar

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