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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 13:04

Bonjour à toutes et à tous.

 

Courte chronique cinéma aujourd'hui, avec un film d'horreur au ton singulier, Nouvelle Cuisine, de Fruit Chan, sorti en 2006. Fruit Chan est réalisateur Hongkongais, cela a son importance.

 

nouvelle cuisine affiche

 

Le film revisite avec goût le thème ancien de lutte contre la vieillesse, cette fois-ci non par le sang, mais par la consommation de raviolis, dont la viande provient de foetus humain, que la cuisinière clandestine ramène de Chine pour ses riches clients de Honk-Kong, en l'occurence une ancienne actrice de feuilletons qui souhaite rajeunir pour reconquérir son mari et sa jeunesse perdue. Alors d'ailleurs qu'elle a à peine quarante ans...

Je ne vous en dit pas plus, pour ne pas gâcher votre plaisir si vous n'avez pas encore visionné ce film, délicatement filmé, sans effets gratuits. Sachez juste que la fin est je trouve bien écrite, avec une logique narrative qui ouvre sur un récit sans fin...

 

nouvelle cuisine 1

La force du film tient surtout dans son ancrage social, tant dans le lien  économique et historique entre la Chine continentale et l'île d'Hong Kong, que dans les moeurs humaines universelles. Le scénario s'inspire des rumeurs, voir de la réalité, de ventes d'organes humains de prisonniers condamnés à mort et exécutés, de la formidable envie des chinois de pouvoir avoir un passeport pour Hong Kong après les années 60 tragiques, tandis qu'aujourd'hui, la Chine prend sa revanche économique.

Ainsi que la rigoureuse politique de l'enfant unique, qui provoque de nombreux avortements en Chine continentale, d'où une source d'approvisonnement facile en foetus pour notre cuisinière clandestine.

 

Esthétiquement, ce lien entre deux communautés aux liens si forts s'exprime par l'usage répété du travelling, souvent entre deux pièces, deux endroits. La lumière est formidable, comme dans nombre de films asiatiques.

La différence architecturale entre les suites d'hôtels de luxe, la villa somptueuse du couple qui ne veut pas vieillir, et les immeubles dégradés où réside la cuisinière clandestine, exprime simplement la différence sociale entre les personnages, sans que d'ailleurs cela se retrouve dans leurs rapports.

Celle qui quémande n'est pas celle que l'on croit. L'une croit acheter un rêve possible, l'autre le vend à son profit.

 

nouvelle cuisine 2

D'ailleurs, le film est intéressant aussi sur un point, est-ce vraiment  possible de rajeunir en mangeant de la vie intra-utérine ? Va-t-on vraiment assister à un rajeunissement de la cliente, ou pas ? Est-ce une métaphore de tout le branle-bas de combat technico-médical actuel pour lutter contre le vieillissement, ou bien la prolongation de rites ancestraux ?

 

Nouvelle cuisine aborde aussi franchement les terribles histoires de cannibalisme d'enfants par les adultes en Chine durant de grandes et longues famines  au cours des derniers siècles, qui ne font que rendre cynique et horrifique la consommation de foetus par de riches Hong Kongaises, pour un usage futile.


Sans être un spécialiste ou un grand amoureux du genre, il me semble que Nouvelle cuisine renouvelle le genre horrifique, en tout cas en offre un usage culinaire troublant car complétement ancré dans la vie réelle. L'on ne peut s'empêcher de penser à d'autres films, comme La grande bouffe de Marco Ferreri, qui lui aussi a comme base narrative la nourriture mêlée à la sexualité, à la peur de mourir.

La nouvelle cuisine n'est donc désormais plus seulement un mouvement culinaire français, mais un film à voir.

Gulzar

 


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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 14:12

banniere buffon internet

 

Aujourd'hui, nous aborderons le thème de la reproduction...


 

 

HISTOIRE NATURELLE.

HISTOIRE DES ANIMAUX.

CHAPITRE II.

 

De la Reproduction en général.


 

" Examinons de plus près cette propriété commune à l’animal et au végétal, cette puissance de produire son semblable, cette chaîne d’existences successives d’individus, qui constitue l’existence réelle de l’espèce ; et sans nous attacher à la génération de l’homme ou à celle d’une espèce particulière d’animal, voyons en général les phénomènes de la reproduction, rassemblons des faits pour nous donner des idées, et faisons l’énumération des différents moyens dont la Nature fait usage pour renouveller les êtres organisés.


 

Le premier moyen, et, selon nous, le plus simple de tous, est de rassembler dans un être une infinité d’êtres organiques semblables, et de composer tellement sa substance, qu’il n’y ait pas une partie qui ne contienne un germe de la même espèce, et qui par conséquent ne puisse elle-même devenir un tout semblable à celui dans lequel elle est contenue.

Cet appareil paraît d’abord supposer une dépense prodigieuse et entraîner la profusion, cependant ce n’est qu’une magnificence assez ordinaire à la Nature, et qui se manifeste même dans des espèces communes et inférieures, telles que sont les vers, les polypes, les ormes, les saules, les groseilliers et plusieurs autres plantes et insectes dont chaque partie contient un tout, qui par le seul développement peut devenir une plante ou un insecte.


En considérant sous ce point de vue les êtres organisés et leur reproduction, un individu n’est qu’un tout uniformément organisé dans toutes ses parties intérieures, un composé d’une infinité de figures semblables et de parties similaires, un assemblage de germes ou de petits individus de la même espèce, lesquels peuvent tous se développer de la même façon, suivant les circonstances, et former de nouveaux tous composez comme le premier.


 

En approfondissant cette idée nous allons trouver aux végétaux et aux animaux un rapport avec les minéraux que nous ne soupçonnions pas : les sels et quelques autres minéraux sont composez de parties semblables entr’elles et semblables au tout qu’elles composent ; un grain de sel marin est un cube composé d’une infinité d’autres cubes que l’on peut reconnaître distinctement au microscope, ces petits cubes sont eux-mêmes composés d’autres cubes qu’on aperçoit avec un meilleur microscope, et l’on ne peut guère douter que les parties primitives et constituantes de ce sel ne soient aussi des cubes d’une petitesse qui échappera toujours à nos yeux, et même à notre imagination. Les animaux et les plantes qui peuvent se multiplier et se reproduire par toutes leurs parties, sont des corps organisés composés d’autres corps organiques semblables, dont les parties primitives et constituantes sont aussi organiques et semblables, et dont nous discernons à l’œil la quantité accumulée, mais dont nous ne pouvons apercevoir les parties primitives que par le raisonnement et par l’analogie que nous venons d’établir.


 

Cela nous conduit à croire qu’il y a dans la Nature une infinité de parties organiques actuellement existantes, vivantes, et dont la substance est la même que celle des êtres organisés, comme il y a une infinité de particules brutes semblables aux corps bruts que nous connoissons, et que comme il faut peut-être des millions de petits cubes de sel accumulés pour faire l’individu sensible d’un grain de sel marin, il faut aussi des millions de parties organiques semblables au tout, pour former un seul des germes que contient l’individu d’un orme ou d’un polype ; et comme il faut séparer, briser et dissoudre un cube de sel marin pour apercevoir, au moyen de la cristallisation, les petits cubes dont il est composé, il faut de même séparer les parties d’un orme ou d’un polype pour reconnoître ensuite, au moyen de la végétation ou du développement, les petits ormes ou les petits polypes contenus dans ces parties.

 

La difficulté de se prêter à cette idée ne peut venir que d’un préjugé fortement établi dans l’esprit des hommes, on croit qu’il n’y a de moyens de juger du composé que par le simple, et que pour connaître la constitution organique d’un être, il faut le réduire à des parties simples et non organiques, en sorte qu’il paraît plus aisé de concevoir comment un cube est nécessairement composé d’autres cubes, que de voir qu’il soit possible qu’un polype soit composé d’autres polypes ; mais examinons avec attention et voyons ce qu’on doit entendre par le simple et par le composé, nous trouverons qu’en cela, comme en tout, le plan de la Nature est bien différent du canevas de nos idées. "

 

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 13:08

cite saturne image

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 13:02

Bonjour à toutes et à tous.

Chronique manga aujourd’hui, avec une série SF en cours, La cité Saturne, scénarisée et dessinée par Hisae Iwaoka, aux éditions Kana. Je m’y suis intéressé tout d’abord pour son thème de hard science, découvrant alors une œuvre singulière, poétique par le ton et le fin graphisme noir et blanc, bien plus portée sur l’humain que la technologie. 

 

Cité saturne 1

 

La Terre est devenue une zone protégée, interdite aux humains, qui habitent un immense et large anneau entourant la planète bleue. La série raconte la vie de Mitsu jeune adolescent de la classe populaire, qui entre dans le guilde des laveurs de vitres, comme son père, disparu dans un accident. Dans l’esprit du jeune garçon, il serait tombé sur Terre.
Travaillant à l’extérieur de l’anneau, ils nettoient les immenses baies vitrées des appartements luxueux. L’anneau est en effet  divisé en trois étages, inférieur, médian et supérieur.
Petit à petit, Mitsu devient un laveur de vitres compétent. Et pourrait bien être le pilote de l’engin que prépare dans le secret un petit groupe pour atteindre la Terre…

 

cite-saturne-planche


N’attendez aucun récit palpitant, aucune audace graphique qui vous arrache les yeux, aucun personnage dévoré d‘ambition, romantiquement violent. Hisae Iwaoka nous raconte simplement la vie et l’évolution de quelques habitants de l’anneau, qui finalement reproduit fidèlement la société japonaise.
Très juste du point de vue social et humain, cette auteur n’en néglige pas pour autant son sujet. L’anneau est souvent présent, presque obsédant visuellement. Tout comme le lecteur, les personnages se posent des questions sur la Terre, simple paysage fait de nuages, de mers et de côtes plus ou moins anonymes. L’envie d’y aller voir n’occupe pas l’esprit de chacun, une autre vie s’est installée en orbite basse. Même si l’anneau commence sérieusement à se dégrader dans sa structure, qu‘il faut entretenir sans grand moyens…
Seul quelques personnes veulent aller sur Terre, se posent des questions sur le vrai sens de l’anneau.

C’est là je trouve la force de ce manga, l’exploration d’une société, qui même dans l’espace demeure la même, le Japon moderne. Paradoxalement, la vie des habitants est même moins empreinte de technologie que le japon d’aujourd’hui. L’existence y semble plus simple, dans un cadre où l‘espace est compté, tout comme sur l‘archipel nippon. La voiture est un luxe par exemple.
D’un autre côté, il aurait été possible d’inventer d’autres types de sociétés, d’autres rapports entre les gens. C’est même ce que l’on peut attendre d’une œuvre de SF.
Mais La cité Saturne se situe clairement comme une métaphore de la vie terrestre. Le récit ne se déroule pas dans les premiers temps de l’anneau, mais bien après. Les rapports sociaux de dominés à dominants ont repris le dessus, en supposant même qu’ils aient disparu un moment ; rapports complètement exprimés par l’architecture de l’anneau.

 

cite saturne planche 2


Au-delà de l’entrelacement des divers personnages, des relations de Mitsu avec ses collègues, jeunes et anciens, qu‘il serait trop long de raconter ici, la relation ambigüe entre laveur de vitres appartenant à l’élite du prolétariat de l’anneau et clients aisés est une partie importante du récit, vraiment constitutif de l’anneau.
Logeant dans de gigantesques volumes, où vitent un enfant seul, une ancienne prostituée, une vieille dame, de jeunes mariés, un inventeur, les occupants de la partie supérieure de l’anneau paient pour redonner de la lumière à leur lieu de vie. Parfois le gigantesque logement est agrémenté d’un aquarium avec le dernier exemplaire d’un mammifère marin terrestre. Toujours il exprime un mode de vie, une solitude.
Les laveurs de vitre, dont Mitsu, sont successivement des domestiques, des amis, des confidents, de vagues employés ou beaucoup plus. La cité Saturne invente ainsi les relations inexistantes dans la vie réelle entre laveur de carreaux de buildings et employés.
L’espace alors diffère de la vie terrestre.

 

cite saturne tome 6


Si vous avez envie de lire un manga différent de Planètes, Albator ou Akira, empreint d’une douceur narrative attirante, alors plongez-vous dans la lecture de La cité Saturne d’Hisae Iwaoka. Aurons-nous le fin mot de l’histoire au tome six ? Mitsu parviendra-t-il à descendre sans encombre sur Terre ? Retrouvera-t-il son père ? Mystère…
Gulzar

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 12:56

Petite info pour les parisiens, vendredi 13 mai à partir de 17h, Sylvie Denis et Roland C. Wagner seront en dédicace à la librairie Scylla, 8 rue Riesner dans le 12ème arrondissement.

http://www.scylla.fr/

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 07:31

banniere capharnaum internet  

 

Toujours sur le blog Mon écran radar, un article sur Google... Entre délire proche de la démence et vision d'avenir radieux, faite votre choix.

monecranradar.blogspot.com/quand-google-regnera

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 07:28

banniere capharnaum internet 

 

Sur le blog Mon écran radar, un article sur l'Homme augmenté. Et il n'y est pas question là de salaire...

http://monecranradar.blogspot.com/2010/10/lhomme-augmente-selon-googlevers-une.html

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 13:21

Bonjour à toutes et à tous.

Aujourd’hui, chronique d’un très bon long métrage délicieusement SF, que je viens de revoir, Monstres et Cie, réalisé par Pete Docter, produit par les studios Pixar studios, sorti en 2001. Très officiellement film pour enfants, il est en vérité hautement recommandable pour tous âges.

 

monstres-cie affiche

Des monstres d’élite, travaillant pour l’usine Monstres et Cie, franchissent chaque nuit les portes des placards des enfants terriens et y récoltent leurs cris de terreur, source d’énergie nécessaire à la florissante ville de Monstropolis. Mais voilà que les enfants ont de moins en moins peur des monstres, menaçant le niveau de vie des habitants de Monstropolis, habitués à être entourés de tout le confort matériel.

 

monstres-et-compagnie peur

 

Pire même, une gosse s’est introduit dans l’univers des monstres, ce qu’ils craignent par-dessus tout. Sulli, le monstre le plus productif, et son assistant Bob se retrouve à devoir s’occuper d’elle en attendant de la renvoyer dans sa chambre. Mais Leon le caméléon, le concurrent direct de Sulli,  a d’autres projets pour la pauvre enfant, baptisée Bouh par Sulli qui se prend d’affection pour elle.

 

monstres-cie sulli

 

Je ne vous raconte pas toutes les péripéties et trouvailles, Monstres et Cie étant d’une grande richesse scénaristique, aux personnages bien écrits dans leur physique et caractère, dont les interactions surtout sont savoureuses. La morale finale consistant en une véritable révolution. Les monstres découvrent qu’ils obtiennent plus d’énergie en faisant rire les enfants qu’en les effrayant.

 

monstres-cie peur 2


Dans Monstres et Cie, nous retrouvons le formidable et jouissif travail esthétique numérique, déjà vu dans le premier Toy story, sans pour autant en être à une volonté de perfection glacée non réfléchie. Tout comme dans Wall-E, les humains, en l’occurrence les gosses et leurs chambres sont traités de manière douce, alors que l’usine Monstres et Cie est d’un réalisme métallique saisissant. Quant aux monstres eux-mêmes, leurs tronches sont vraiment réussies, notamment par l’utilisation des yeux, des dents, de chaque détail physique comme la fourrure par exemple. Chacun est immédiatement identifiable.

 

monstres-et-cie-porte

 

Narrativement, Monstres et Cie est véritablement enthousiasmant, à mon sens pour trois raisons principales.  
D’abord pour la fusion des deux thèmes centraux du film, sans quoi l’histoire n’a aucun sens, l’énergie et la peur infantile des monstres tapis dans l‘ombre des placards. Métaphore de la politique pétrolière des USA, Monstres et Cie dit tout simplement que ce pays, et d’autres aussi d’ailleurs, terrorisent pour contrôler la production du pétrole… Sans même aller aussi loin dans l’analyse politique, la recherche, la conquête et la maîtrise de l’énergie, du feu de bois aux atomes, constitue un axe fort de l’évolution de l’espèce humaine. Baser un film de divertissement pour gamins sur ce thème, c’est déjà avoir la volonté de ne pas raconter n’importe quel type d’histoire.
La peur infantile des monstres, n’est rien d’autre que la peur adulte de manquer d’énergie, d’essence pour la voiture, de chauffage, d’électricité pour le réfrigérateur.

 

monstres-cie traitre leon


Ensuite, avoir industrialisé l’activité de terreur rend le film contemporain, réinventant intelligemment les contes d‘autrefois. Les scènes se passant dans la gigantesque réserve de portes sont très impressionnantes, les lieux étant semblables à touts ces zones de triage et stockage aériennes, des bagages des aéroport, aux grandes imprimeries et entrepôts.
Nous sommes bel et bien en pleine parodie de l’activité humaine, avec ce souci de productivité. Même si toutefois, Monstres et Cie ne nous décrit pas le propriétaire de l’usine comme avare, soucieux d’argent, mais plutôt dans la peur de voir mourir l’entreprise familiale, faute de pouvoir récolter suffisamment d’énergie. Exactement comme les grandes compagnies pétrolières sont vouées à disparaître à terme, faute de pétrole. Que seraient-elles donc prêtes à faire pour durer le plus longtemps possible ? La réponse est au journal de vingt heures…

 

monstres-et-cie monstres

 

Monstres et Cie montre clairement que le drame arrive, que les barrières morales tombent lorsque la promesse faite aux consommateurs risque de ne plus pouvoir être tenue. Les habitants de Monstropolis ne s’imaginent même pas abandonner leur niveau de vie matérialiste. Si l’énergie venait gravement à manquer, que ce passerait-il socialement ? La population ne se retournerait-elle pas contre Monstres et Cie ?
Le sujet n’est pas abordé dans le film, mais il est sous-jacent. La peur ne règne pas que dans les chambres d’enfants…

 

monstres-cie administration


Toutefois, la critique sociale s’arrête là où commence le libéralisme… Nous sommes plus dans la dérive de l’entreprise familiale devenue trop grande, ne voulant à aucun prix perdre sa grandeur, sa puissance, plutôt que dans la dénonciation franche d‘un système inégalitaire.
Ceci dit, cela n’empêchera pas le patron de condamner cyniquement son meilleur employé Sulli à l’exil sur terre, dans les sommets glacés, où nous apprendrons la vraie nature du yéti, réjouissance parmi d‘autre de Monstres et Cie. Les monstres ne sont que des salariés bon à jeter s’ils se rebellent ou sont inutiles.

 

monstres-cie yeti


Enfin, Monstres et Cie se conclut sur une morale véritablement formidable, faire rire les enfants au lieu de leur faire peur permet de récolter bien plus d’énergie. Morale positive, mais pas niaise et surtout ancrée dans le récit, puisée à la source même de l’histoire. L’idée certes est simple, mais ne provient de nulle part ailleurs.
Quand au dernier plan, il est magnifique, ouvrant sur un monde de joie, d’émouvantes retrouvailles entre Sulli et la petite Bouh.

Pour finir de nous rendre Monstres et Cie sympathique, il comporte des clins d‘œil au jazz, à la France, comme dans de nombreuses productions SF venant d’Amérique du Nord, et à Ray Harryhausen, fameux animateur de films SF des années 50, 60, ainsi qu‘à d‘autres productions de Pixar.
Formidable dessin animé donc, pour tou(te)s les passionné(e)s de Science Fiction, de monstres et de bonnes histoires.
Gulzar

Un site pour refaire connaissance avec les personnages de Monstres et Cie :

http://www.pixar-planet.fr/perso/monstresetcie.php3

 

monstres-et-cie-petitefille


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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 12:42

orbital station canon

orbital station bataille 9

orbital to fumihiko sori station

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 12:40

Bonjour à toutes et à tous.


Aujourd’hui, double chronique avec deux films de Fumihiko Sori, réalisateur de films d’animation SF au modernisme affiché. Le ton, le jeu des personnages est froid, très cérébral, mais les thématiques sont intéressantes, le graphisme de haute volée.

Vexille
De Fumihiko Sori, 2007, 109 mn

 

vexeille jaquette

Ce qui frappe immédiatement au visionnage, c’est la radicalité du scénario. Pas de compromis dans l’idée, poussant à l’extrême la robotisation en cours au Japon, où plutôt son androïsation extrême.
Le monde entier a interdit la recherche sur la robotique, de peur de voir l’arrivée d’une vie synthétique. L’entreprise Daiwa rejette cette interdiction, prend le pas sur l’état japonais. Nous assistons à la tentative furtive de l’ONU d’entrer dans un archipel complètement fermé sur lui-même, n’exportant plus que des robots. La vérité sera terrible à admettre. Le japon a été rasé, aplani afin de récupérer toutes les ressources naturelles.

Des japonais, il n’en reste plus. Ou si peu, des rescapés enfermés dans un ghetto sur le site de Tokyo, voués à être transformé en androïde métallique par un vaccin artificiel censé protéger la population, injecté sur ordre du gouvernement.

La résistance s’organise, afin de pénétrer et détruire l’île dans la baie de Tokyo, siège de la société Daiwa productrice de robots, responsable du génocide.

C’est la brutalité même de cette surexploitation de la nature, de la prise de contrôle d’un pays entier par une société privée sans autre but que le profit, de la disparition d’une peuple entier qui constitue l’intérêt du film.
À vrai dire, je suis resté tétanisé durant le premier visionnage sur dvd. J’ai eu la chance de pouvoir revoir récemment le film sur grand écran, le même sentiment d’absolutisme dans la folie industrielle m’est revenu. Dans la première partie du film, Fumihiko Sori parvient à rendre crédible, palpable le génocide économique d’une population entière, trop croyante dans le progrès technologique, sans plus de repères.

Vexille vient donner un relief particulier à la présente situation catastrophique du Nord du Japon. Un parallèle peut se faire entre nucléaire civil et nanotechnologie vendue comme médicale et qui n’est que moyen de contrôle et transformation d’une population.


Tant dans la fiction que la réalité, la vie humaine ne tient plus qu’à un fil. Tant dans la fiction que la réalité, la population japonaise restent sans réaction, passive, soumise à l’autorité, quelle qu’elle soit.

Vexille raconte aussi, en le poussant dans ses derniers retranchements, la hantise de l’étranger dans la société japonaise, non pas au sens du touriste toujours le bienvenu, mais de la présence d’immigrés, l’impossibilité de quitter l‘archipel pour un ailleurs. Le destin du pays se joue sur ces quatre îles, bastion refuge, citadelle interdite au regards extérieurs.
En un sens, Vexille est une métaphore d’un Japon du 21ème siècle encore dirigé par les militaristes au pouvoir durant la dictature militaire qui n’a fini qu’après la capitulation d’août 1945, après avoir entraîné le Japon dans un désastre sans précédent. Une ère du Meiji qui n’aurait pas connu d’interruption, n’aurait retenu aucune leçon historique, uniquement préoccupé de la gloire de l’Empire, quelque soit le prix à payer pour la population.
Vexille avec son esthétique futuriste s’inscrit pleinement dans l’Histoire du japon, ce qui lui donne cette solidité narrative, cette profondeur angoissante, cette véracité humaine que l‘on à peine à croire mais que l‘on ressent comme possible.


Contrebalançant de manière inattendue l’extrême sévérité de Vexille, un hommage évident est rendu aux vers peuplant la planète Arrakis de Dune, à travers ces vers composés des débris métalliques qui vivent sur la surface atrocement plane du défunt Japon.

La bête furieuse et destructrice sera l’instrument de la salvation finale. Elle apporte cette part de fantastique, de divinités animales si présentes au Japon, qui vient tempérer la réalité matérielle terrible d’un japon réduit à néant par un productivisme, une industrialisation à outrance.

 

La toute fin me semble un peu trop portée sur la grosse bagarre à mon goût, alors que l’ensemble du film baignait dans une ambiance tendue, dans des problématiques insolubles et terribles. Sans doute l’influence du producteur dirons-nous, soucieux de capter le public adolescent…
Faire également qu’un seul individu, un savant fou, soit au final responsable d’un tel désastre peut aussi apparaître comme une narration quelque peu légère, malgré le fait qu’il ne s’agit pas là comme attendu d’un androïde mais d’un humain cachant sa nature de fragile animal à sang chaud.
Néanmoins, nous sommes là dans d’évidentes références historiques, Hitler petit brun rabougri vantant la solide race aryenne blonde aux yeux bleus, l’Empereur Hiro-Hito descendant de son statut de demi-dieu pour devenir le symbole d’un Japon militariste invincible défait par l’ennemi. Simplement, nous perdons le fil d’enjeux économiques et sociaux qui sont à la base du film, mais qui heureusement apparaissent clairement dans la première moitié.

Vexille reste, malgré une fin à mon sens plus banale, un formidable film de SF, radical, contemporain et d’une forte esthétique, hautement recommandable pour tout(e)s passionné(e)s du genre.

Chronique sans illustrations, car je n'ai pas trouver d'images de grande taille... 

 

 

Orbital - To
De Fumihiko Sori, 2009, 87 mn
Deux épisodes d’environ 40 mn, extraits d’une œuvre SF japonaise, Saga 2001 nuits d'Hoshino Yukinobu.

 

orbital to fumihiko sori jaquette dvd


Œuvre suivante, une nouveauté sortie en début d’année en France sous forme dvd, Orbital, ou To en japonais, Fumihiko Sori nous propose deux moyens métrages, inspirés du manga d’une œuvre SF japonaise, que je n’ai pas lu.  

 

orbital station 6 

Malgré des similitudes graphiques évidentes dans la grande qualité de réalisation et le dessin des personnages, le ton et la sensation que dégage Orbital à son visionnage est bien différent de celui de Vexille.
Nous ne sommes plus dans une angoissante vision d’un futur apocalyptique, mais dans une œuvre aux thèmes classiques, superbement revisités esthétiquement.

 

orbital station personnages 7


Dans le premier moyen métrage, Orbite elliptique, une station spatiale civile en orbite terrestre envoi du ravitaillement à la base lunaire. Un vaisseau cargo revient d’un long voyage avec dans sa soute une fabuleuse source d’énergie, extraite d’une mine lointaine. La station spatiale est attaquée. Les deux équipages résistent, tentent de sauver la cargaison de ses ravisseurs.
L’histoire d’amour entre le responsable de la station orbitale et la capitaine du vaisseau prendra à la toute fin une conclusion surprenante et finalement logique avec la découverte du voyage à la vitesse de la lumière. Je vous en laisse la surprise...

 

orbital station 4


Dans le second moyen-métrage, Planète symbiotique, l’Humanité cette fois colonise d’autres systèmes solaires. Sur une planète, deux petites colonies reproduisent les vieux conflits venus de Terre. Une histoire d’amour a lieu entre deux jeunes gens des deux colonies adverses, amour interdit. Les paysages et animaux exotiques sont vraiment très beaux, plongés dans une blancheur quelque peu étouffante.
Le jeune amoureux, un chercheur, se trouve contaminé par une entité bactérienne métallique, qui le transforme, en fait l’adapte à la planète.

Le personnage de cosmonaute âgé, venu tenter une réconciliation entre les deux partie,s tire les conclusions philosophiques de l’histoire. Est-ce l’humain qui a colonisé la planète, ou la planète qui a colonisé l’humain ?

 

Je n'ai pas trouvé d'images du second moyen-métrage, mais voici une petite bande-annonce.

www.we-prod.com/v3/catalogue/longsmetrages/orbital/orbital.php


Esthétiquement, ce qui caractérise Orbital est véritablement son rythme, lent, loin de toute ambiance stressée. L’arrimage des vaisseaux, les batailles dans le vide, tout se fait à vitesse quasi réelle, avec ce rythme qui s'associe si bien avec l'Espace, loin de l'agitation terrestre. L’on retrouve l’ambiance des films  et série SF qui savait prendre leur temps. La poésie du design des vaisseaux, station, bâtiments peut alors agir pleinement. Pour tout fan de SF, c’est un vrai régal, pour un jeune public, le rythme pourra peut-être provoquer de l'ennui.

 

orbital station vaisseau 5


Avec ces deux histoires classiques, Orbital est bien plus un hommage à une SF assez contemplative qu’une exploration intrépide des futurs possibles de l’Humanité. Fumihiko Sori n’apporte aucune idée neuve, surprenante, puisqu‘il respecte sans doute les scénarii de l’œuvre originale dont il s‘inspire.

Cela peut constituer peut-être une déception, mais il me semble que ce diptyque ravit tout de même les yeux, et fait preuve d’humanité, loin du larmoyant et du moralisme de bas étage.

Gulzar

 

orbital to fumihiko sori equipage

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