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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 10:02

Bonsoir à toutes et tous !

Voici quelques films que j'ai récemment vu ou revu, hors Science-Fiction. Je ne les chronique pas, mais autant que vous cela vous donne des idées de bonnes soirées vidéo entre ami(e)s !

Chaînes conjugales
de Joseph Mankiewicz 1949
dvd Carlotta
Délicieuse comédie des moeurs du mariage, mais véritablement profonde. Une amie commune à trois maris, que l'on ne verra jamais à l'écran, annonce aux trois femmes par un courrier qu'elle part avec le mari de l'une d'entre-elles...

21 grammes
d'Alejandro Gonzalez Inarritu
Drame de trois personnages qui vont se croiser. Vie et mort s'entremêlent, avec une force d'écriture rare... Si vous l'avez raté, il faut le voir ! J'ai rarement vu une histoire si bien racontée, depuis Short Cuts de Robert Altman.

Trois films de Philippe de Broca
L'homme de Rio
Les tribulations d'un chinois en Chine 
(tous deux réunis en un dvd chez MGM)
Du pur plaisir !!!
Le Magnifique
Ce film me touche particulièrement, puisqu'il nous narre la vie pas très trépidante d'un auteur de romans de gare...

Blue Velvet
de David Lynch
dvd MGM
Je suppose que beaucoup d'entre-vous connaisse ce film, l'un des plus abordable du maître de l'incompréhensible, terme réducteur je le reconnais... Surtout, la profondeur des personnages est là bien présente, contrairement à d'autres de ses films. Et c'est là ce qui me plaît le plus. Le mystère est bien humain, sensuel, et moins intellectuel. L'histoire reste assez facile à suivre !

Loulou
de G.W. Pabst   film muet NB de 1929
dvd Carlotta
Film noir, sans espoir... Nous sommes loin de Chaplin... Mais toujours près d'un cinéma exigeant, très bien interprété. A voir !

Deux comédies pour finir, oh combien différentes !!!

Un taxi pour Tobrouk
de Denys de la Patellière 1961
dialogues de Michel Audiard
dvd Gaumont
avec lino Ventura, Charles Aznavour, Hardy Krüger, Maurice Biraud, German Cobos
Notre réalisateur, trop souvent méprisé et pourtant excellent raconteur d'histoire, nous emmène au coeur de la seconde guerre mondiale, en Afrique du Nord... Un groupe de soldats de la France Libre est perdu en plein conflit entre les Alliés et l'Africa Korps de Rommel. Et voilà qu'il se retrouve à trimballer un officier allemand qui a fait ses études à Paris !
La France de Pétain en prend pour son grade, l'amitié franco-allemande en sortira grandie... A voir et revoir ! C'est jubilatoire, pas mal filmé, et intelligent. Que demander de plus ?!

Hercules à New-york
d'Arthur Allan Seidelman    courant années 70...
dvd North entertaiment
Nanar innommable, l'un des tous premiers films d'Arnold Schwarzenegger ! Hercules, le Dieu, pas le copain de Pif le Chien, décide de se balader sur Terre, voir les humains, partager leur vie, précisément à New-York, ville du vice et du crime... J'arrête là !!! A ne pas rater pour la bagarre avec un gorille à Central Park, la remontée de la 13ème rue en char, et cette réplique fameuse d'Arnold, "Bon, je vais prendre une douche..." !!!
Je vous conseille vivement ce film si vous voulez vraiment rigoler un bon coup !

A bientôt !
Envoyez-moi aussi vos références de films plus ou moins rares, je les mettrai sur le blog. Partageons nos coups de coeur.
gulzar.joby@aliceadsl.fr

Gulzar

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 07:53

Bonjour à toutes et tous !

 

Aujourd'hui,deux romans de T.J. Bass !

Humanité et demie (1971)

bass humanitedemie

et
Le Dieu baleine (1975)

bass dieu baleine

 

Soyons honnête… Je ne connaissais pas T.J. Bass ! Ce sont surtout les couvertures de Manchu qui ont attiré mon regard dans les bacs des bouquinistes…
Comme quoi, une bonne illustration est salutaire pour les ventes !

Ces deux romans se suivent, même si je pense que l’ont les lire seul ou en ordre contraire.

Biologiste de profession, l’auteur nous entraîne dans Humanité et demie sur une Terre lointaine, où l’Humanité a maîtrisé, voir éradiqué toute vie sauvage au profit de surfaces agricoles recouvrant la quasi-totalité des continents, parcourues de machines agricoles autonomes. Les mers et océans sont stériles…
L’immense majorité de la population à quatre orteils vit sous terre, plus ou moins dirigée sur les principes d‘une fourmilière, capable de créer génétiquement des humains spécialisés. D’une constitution faible, ne pouvant pas survivre en surface, des chasseurs doivent pourtant sortir tuer les cinq orteils, primitifs humains, qui leur donnent beaucoup de fil à retordre en pillant les récoltes…

Dans Le Dieu baleine, Rorqual ancien bateau baleine qui récoltait il y a bien longtemps du krill pour les fourmilières revient vers les cinq orteils vivants sous les dômes sous-marins, devient leur Dieu, surmontant leur crainte des machines…

J’arrête là mon résumé !

Ce diptyque est agréable à lire, plein de bonnes idées, au style clair, très influencé par la SF des années cinquante parfois simpliste dans l‘évocation des personnages. L’on ne sait pas vraiment où l’on va en lisant, ce qui pour moi n’a rien d’un défaut, au contraire ! Ce type de récit stimule l’imagination du lecteur.

Ce qui m’a troublé, c’est de retrouver des thèmes, voir même carrément des idées que d’autres auteurs développent, que moi-même je suis en train d'étudier et d'incorporer à des nouvelles..!
Notamment la relation entre humains et animaux, l’interface machine/humain, la spécialisation très poussée des humains, le futur d’une l’agriculture invasive, etc…
Une cruelle question se pose alors ! Suis donc en retard de quarante ans, ou bien alors certains thèmes sont-ils constant dans la SF ? J’espère que la deuxième hypothèse est la bonne…

Soyons réaliste. Trouver non des histoires, non des personnages, mais des thématiques absolument neuves est rarissime, ne peut se produire pour chaque nouvelle, chaque roman écrit. Nous baignons toutes et tous dans les mêmes problématiques au sein de la même époque. Et d’une époque à l’autre, nous sommes confrontés à des thématiques parfois similaires.

Deux cas peuvent alors se présenter.
Soit alors la réponse est similaire à des époques différentes, mais le style de récit, l’écriture, les personnages évoluent.
Soit alors, la réponse est différente... Ce qui est alors plus excitant intellectuellement bien sûr !

L’agriculture restera un thème majeur pour longtemps... De Soleil vert à Génocides.
Nous passons dans ces deux romans de la surpopulation humaine incontrôlable engendrant la pire des solutions, à une Terre cultivée par une espèce extra-terrestre, où nous finissons parasites de notre propre planète…
Même sujet pour deux romans complètement différents, l’un très social, l’autre fantasmatique.

En fait, retrouver ses propres obsessions, ses propres thématiques chez les autres, est plutôt plaisant je trouve. On se sent moins seul…
Certes, cela ferme des portes. Il devient impossible de reprendre l’idée, encore moins le contexte de l’idée, cela reviendrait à bêtement copier… Et à être refusé par les éditeurs !
D’un autre côté, cela rassure, on se dit je suis dans le vrai, je travaille sur un thème important, d‘autre ont écrit dessus avant moi. Cela nous amène aussi à pousser encore plus loin notre réflexion, voir à diverger, à créer autre chose que prévu au départ.

Pour en revenir tout de même à Humanité et demie et Le Dieu baleine, ces deux romans pourront vous paraitre je pense de prime abord un peu désuets. Néanmoins, je trouve qu’en terme de création d’un monde cohérent, de sensation des possibilités de la technoscience à venir, c’est une œuvre libre, imaginative, mêlant cruauté sociale, vocabulaire technique souvent inconnu et détails parfois ironiques.

Seule l’idée de fourmilière est certainement moins crédible aujourd’hui. Même les mégalopoles en formation ne seraient pas comparées à l’univers des fourmis ! Le mot même est très connoté, naïf même en 2010.
De plus nous nous acheminons vers une relative stagnation de la population mondiale, pas à son envol. Le thème de la surpopulation semble moins important, voir carrément appartenant au passé, pourtant si proche !!!
D’ailleurs, je travaille plus aujourd’hui sur la dépopulation dans le cadre de 36, quai du Futur… Thème absolument fascinant je dois dire…

À bientôt avec une autre chronique de roman !
Gulzar

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 07:23

BANDE DESSINEE
Universal War, l'intégrale

UniversalWar interal couv

 

 

Le hasard fait parfois bien les choses ! L’un de mes amis m’a parlé de cette série, dont il n’avait lu qu’un ou deux tomes. Le lendemain, je me rends à ma boutique BD préférée, et voilà que je trouve l’intégrale dans le rayon occasion ! Le prix d’origine me fait tiquer, 70 euros…
Mais je repars finalement avec pour 30 euros !

Bien m’en a pris. Cette série de Hard Science dont j’ignorais l’existence, dessinée par un auteur français, Denis Barjam, est vraiment étonnante.


Si on la lit attentivement, ce qui est indispensable pour oublier la réduction de taille par rapport aux albums, elle provoque une angoisse certaine ! La rencontre face à un phénomène d’astrophysique extrême, que l’on apprendra créer par l’Humanité, est prégnant tout du long. Le graphisme est classique, souvent proche de la peinture, avec un découpage fractionné qui rebute lorsqu’on tourne quelques pages, comme ça, pour voir, mais qui est très efficace au cours de la lecture.

bajram cv
Le plus fort je trouve dans le scénario est d’exclure l’hypothèse extra-terrestre ou dieu sait quoi d'autre, et de nous retrouver face à nous-mêmes, face à nos pulsions de domination, de pouvoir, aux implications de plus en plus démentielles de la "technoscience", telle que la définit le philosophe Gilbert Hottois*.

Et surtout, le scénario va jusqu’au bout des conséquences de son idée de base, y compris les plus folles ! L’auteur comprend réellement la SF, a dut en lire beaucoup pour pouvoir scénariser une telle histoire.

 

PlancheUNIVERSAL WAR

 

La toute relative faiblesse du récit est peut-être le manque de profondeur des personnages, ou plutôt le côté abrupt parfois de leur présentation, de leur comportement.
Mais franchement, cela ne doit pas vous détourner de la lecture d’Universal War, que je vous recommande chaudement !
La série continue aussi à exister en albums séparés.

A bientôt avec une autre chronique BD !
Gulzar

* lire le dossier n° 26 Sciences à risque de La Recherche

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 07:06

feu-de-dieu-bordage

Bonjour à toutes et tous !

Petit compte-rendu aujourd’hui de la remise des prix du concours de nouvelles 2084, avec l’école d’ingénieurs ENSTA et Science & Avenir.
J’ai bien fait de m’y rendre, j’ai obtenu le second prix, une carte d’entrée gratuite à la Cité des Sciences..!
Les textes primés, dont Sissoko, Monsieur Poulet, mon propre texte, seront lisibles très prochainement sur le site de Science & Avenir. Allez-y, certaines nouvelles me paraissent alléchantes…
Un recueil sera aussi édité par l’ENSTA à la rentrée scolaire. Je vous tiendrai au courant.

Mais plus que la satisfaction de croiser d’intéressants scientifiques, Pierre Bordage et Céline Curiol, auteur que je ne connaissais pas, ou les encouragements prodigués, j’ai envie d’aborder le débat de plus d’une heure du jury, qui précéda la traditionnelle remise des prix.

Les discussions donc m’ont ouvert des perspectives, permit de comprendre que certaines de mes nouvelles écrites en 2007, 2008, sont certes honorables mais pas ultimes dans leur réflexion…

La question a été posé au Jury. Comment envisage-t-il 2084 ?
Tout d’abord, le langage était la préoccupation de toutes et tous. Au-delà même du simple souci de bien écrire, les mots veulent dire quelque chose. Impossible bien sûr d’envisager un langage neutre, utopique, même dans la recherche scientifique, où pourtant le langage est très précis, descriptif…

Le mot ressources humaines par exemple, dont a parlé Céline Curiol, devient habituel, normal, repris par les journalistes,   par les entreprises. Mais il fige l’humain au niveau du minerai, du tronc d’arbre, de toutes ces choses disponibles à souhait dans la Nature… Le mot ancien je le rappelle était, en France tout du moins, Directeur du Personnel. Ce qui impose l’idée de hiérarchie, mais également de personnes. Le personnel est composé d’êtres humains, pas d’une ressource à exploiter.
Le mot ressources humaines est donc à la réflexion terrifiant… Violent. Et parfaitement pensé pour déshumaniser les rapports sociaux au sein des l’entité Entreprise.

Un exemple moins pénible que je viens de lire dans un livre consacré aux trous noirs, eh oui il faut bien se cultiver, me paraît très éclairant, sur le langage scientifique cette fois. Wheeler a été le premier chercheur a nommer trou noir les phénomènes d’écroulement des étoiles sur elles-mêmes victime de leur propre masse, même si le concept date historiquement du 17ème siècle, et découle plus concrètement des équations d’Einstein ! Le mot usité jusqu’à lors était Singularité de Schwarzschild, étoile figée ou étoile effrondrée.
Ce chercheur a passé de longues semaines, des mois a trouver le mot juste… Pour que son article fasse mouche au-delà de son intérêt et de sa justesse scientifique, qu’un mot parvienne à résumer au mieux son idée, fasse son chemin dans les esprits.
Puits noir aurait été correct. Ne dit-on pas un puits sans fond, définition idéal du trou noir ? Mais le mot puits ramène à la campagne, à l’activité humaine. Un puits n’est pas naturel, il lui faut une margelle, une corde, un seau… Alors que le mot trou représente le vide, le néant, l’absence… Noir exprimant bien sûr l’absence de lumière.
Et voilà pourquoi grâce au soin apporté par Wheeler au vocabulaire, vous pouvez acheter le dvd Le Trou Noir, film SF sympathique produit par Walt Disney !

Les scientifiques présents ont expliqué également leurs difficultés, en tout cas la pénibilité de parvenir à se faire comprendre dans la nuance du grand public, et des décideurs tant économiques que politiques. Le Oui ou Non est peu usité, voir peu crédible en Science, ou la nuance, le doute, est constant, et normale. Même si bien sûr la technoscience est capable de trancher, de former des concepts qui entre dans la réalité physique et bouleverse l’ordre établi. Mais uniquement grâce, et pour la satisfaction des décideurs qui seuls ont le pouvoir économique et/ou décisionnaire…
Par exemple, Pierre-Henri Gouyon a fait la différence entre les mots prévisions et scénarios. Utile nuance de termes, qui expriment deux états de la recherche en général.
Une prévision, au sens de la prévision météorologique, n’est pas une certitude, mais une perspective dans le temps qui semble très probable, qui est basée sur des équations, des calculs, des statistiques, des outils prévisionnels fiables. Par exemple, l’on sait prévoir le temps à court terme, une trajectoire de planète ou de satellite, la forme et les caractéristiques de nouvelles molécules fabriquées en laboratoire, avec donc une intention de départ à satisfaire.
Par contre, pour le climat, le mot scénarios sera plus juste. Certes, la prévision est l’augmentation non pas tant de la température que du désordre climatique en de nombreux points du globe. Mais concrètement, personne n’est capable de prévoir ce qui va se passer d‘ici cent ou deux cent ans…
L’augmentation de la masse nuageuse, qui accompagne le surplus d’orages, de tempêtes, va-t-elle contribuer à faire baisser la température, puisque les nuages renvoient une partie importante du rayonnement solaire dans l’espace ? Mais en sens contraire, la diminution de la surface des glaces des pôles, des glaciers diminue d’autant le renvoi des rayons du soleil dans l’espace…
Les mesures anti-production de carbone seront-elles assez puissantes, assez respectées pour être efficaces ? Et dans quelle mesure ?
Le permafrost qui se situe en Sibérie va-t-il libérer en masse la forte proportion de méthane qu‘il contient, gaz à effet de serre encore bien plus redoutable que le CO2 ? Les techniques existantes d’implantation de végétation fixant le permafrost en train de dégeler, si elles sont employées, suffiront-elles à éviter ce qui peut être considéré comme un accélérateur formidable du réchauffement climatique ? Les océans délivreront-ils aussi le méthane qu’ils contiennent ?

Autant de questions sans réponses actuellement, qui obligent les climatologues à scénariser, à produire des fictions possibles de l’avenir comme travaux. Scénarios bien utiles pour alerter, donner des solutions possibles, mais qui ne constituent en aucun cas des prévisions.
La nuance de vocabulaire est donc effectivement d’importance…

La discussion a porté également sur le parallèle assez vertigineux je dois dire, entre les multinationales, les groupes d’intérêt économique surpuissants créés par l’idéologie et le comportement libéral, et le mode de développement des espèces nommée sélection naturelle.
Les corps multicellulaires, qui sont d’ailleurs en nombre inférieur sur Terre aux unicellulaires ne l’oublions pas, ont donc réussi à maîtriser chacune de leurs cellules, à leur faire faire une activité précise. Et s’il en était, s’il en devenait de même avec ces entités transnationales que sont ces multinationales ? Si elles étaient non pas uniquement en lutte entre elles, mais aussi avec l’Etat Nation, les Cultes religieux, des populations entières pour les asservir à un projet dépassant le cadre des individus ?

Il ne s’agit pas ici de dénoncer une forme de dictature classique, au sens romain ou fasciste du terme, avec un dictateur qui décide de toute chose, d‘un pouvoir centralisé. Il s’agit bien au contraire de prendre conscience que ces entités n’ont pas de direction. Les PDG ne sont que des employés, les actionnaires n’étant plus familiaux mais composés de millions d’individus isolés, de fond de pension qui eux-mêmes défendent les intérêts d’inactifs au détriment des actifs.
Pierre-Henri Gouyon nous a exposé un paradoxe extrêmement parlant.
Si j’achète des sicav, mon banquier voudra par le jeu de la concurrence, c’est-à-dire de la sélection naturelle entre banques, le produit le plus rentable pour moi et la banque pour laquelle il travaille. Il se trouve que ces sicav contiennent des actions de l’entreprise où je travaille. Alors mon banquier, à travers des objectifs à atteindre imposés à mon entreprise, me fera licencier. Je serai au chômage, dans la précarité, mais j’aurai des sicav plus rentables…

Résister consisterait donc à sortit de ce méta-système. Est-ce possible ?

L’on voit bien là la profonde différence du libéralisme avec d‘autres formes de pouvoirs plus ancestraux. La lutte intense entre des entités sociales, comme les Cultes, les États qui rassemblent au lieu de sélectionner, n‘est pas nouvelle. Certes, elles se combattent entre eux, mais en leur sein, à moins d’être hérétique, vous ne risquez rien, vous êtes protégés.
Les chiffres aussi ont leur importance. Il existe disons mille cultes en sur Terre, trois cents millions d’entreprises peut-être, voir plus…. Chacun se bat l’une contre l’autre.

Le seul souci, c’est que cette idéologie libérale empruntée à La Nature est très performante… la Sélection Naturelle et un principe très puissant, très efficace, tout comme la gravité… L’idéologie s’inspirant d’elle a changé le monde plus que toute autre idéologie, vaincu le communisme, édifié des mondes inimaginables en s’alliant, en utilisant la technoscience.
Le libéralisme ne cherche pas la stabilité, elle réclame de l’instabilité, sait s’y adapter, comme dans la Nature… Tout est bon semble-t-il à son développement, à son renforcement.

J’ai repensé alors à ce fameux procès qui s’est déroulé au 19ème siècle aux USA, et qui se prolonge encore aujourd’hui, entre les partisans de Darwin et ceux de la vision biblique de la création du monde, et surtout des êtres vivants.
Alors pour des gens sensés, rationnels, ou à peu près !, nous soutenons les travaux de Darwin, même si bien sûr la Science avance, les scénarios possibles de l’évolution de la Vie divergent parfois. La Théorie de la Sélection Naturelle s’impose globalement à nous comme crédible, véridique. Et leurs opposants religieux nous paraissent rétrogrades, à brandir leur Bible, un tas de sottises au point de vue de l‘Histoire biologique et géologique.
Certes.
Mais revenons à ce procès. L’un de leurs arguments de l’époque, dont nous ne nous souvenons pas, ou que nous ignorons, était la crainte, voir la terreur, de voir ces thèses scientifiques contaminer la société. Ces religieux étaient la plupart du temps agriculteurs, vivants dans les villages, les petites villes, prônant un mode de vie conservateur, une maîtrise des pulsions notamment sexuelles par le mariage, la solidarité, l’absence de compétition. Pour eux, Darwin représentait l’arme idéologique absolue entre leurs adversaires citadins, une justification à leur soif sans fin de pouvoir, d’argent, de sexe, de territoire.
Que le meilleure gagne, que le perdant crève.
Même si ces croyants avaient eux-mêmes contribuer à exterminer les Indiens d‘Amérique…

Force est de reconnaître que leurs peurs sont devenus nos angoissantes réalités. Cette fois-ci à l’échelle des nations entières…
Par quel cauchemar des dirigeants de pays affaiblis économiquement consacrent ou ont consacré l’essentiel de leur agriculture pour l’exportation, rendant l’indépendance alimentaire traditionnelle impossible ?
Ce combat, ne nous y trompons, se déroule aussi chez nous…  Certains rêvent de nous voir acheter intégralement notre nourriture dans des pays à la main d’œuvre moins onéreuse, comme pour les téléviseurs ou les casseroles en inox…
Certains pays européens ne sont déjà plus en autosuffisance depuis quelques années…

Les Cultes voudraient nous voir contrôler nos pulsions, de quelque manière que ce soit.
Les Etats nations souhaitent nous voir respecter des lois, des règles, sous peine de prison.
Le libéralisme nous dit tout le contraire. Fais ce que tu veux, éclate-toi ! Tu veux acheter une tondeuse, tu veux de la pornographie, des meubles en tek, du saumon tous les dimanches, tu peux.
Comment renoncer à un mode de vie qui fonctionne, qui propose dans la vraie réalité des possibilités jamais vues ? Chacun espère en profiter, ce qui est par essence même impossible, puisque cette idéologie prône l’élimination, la mort de tout ce qui ne satisfait pas à ses règles, de tous celles et ceux qui ne la serve plus…
Le libéralisme est-il d’ailleurs qu’un mot, qu’une idéologie, ou bien une pulsion de satisfaction qui court depuis des dizaines de milliers d’années ? Avoir moins froid avec du feu, manger de la viande cuite…

De plus, chose fascinante que rappellait Roland Lehoucq, l’individu, est amené à demander lui-même sa soumission, sa domination à des lois sociales qui lui deviennent nuisibles, qui le contrôlent, qui l‘orientent, qui le trient, le classent, le rejettent ou l‘acceptent.
Autant il la refusera, luttera contre si elle est violente, aligner les gens contre un mur et les fusiller, autant si elle lui offre la sécurité, il l’acceptera. Si la domination, est sous forme de services, il sera même prêt à payer pour obtenir sa propre aliénation. Et ça fonctionne !
Le temps des régimes totalitaires militarisés peut avoir vécu… Le contrôle de l’individu est présent sous forme informatique, factures, suivi du portable par GPS, etc…

Petite réflexion personnelle qui m’est venu avec le temps, l’observation de mes semblables. L’une des astuces consiste à vendre aux particuliers un usage professionnel, qui devrait le rester pour véritablement libérer l’individu, et non l’asservir.
Le téléphone portable satellitaire ou par réseau est bien utile pour les médecins, les professions ou l’urgence de la communication prime. Mais l’immense majorité des conversations n’ont strictement aucune utilité d’aucune sorte, aucune urgence à être tenues…L’on nous impose la vie d’autrui dans les trains, des gens parlent tout seul dans la rue, comme les fous du village d’antan… Combien de fois j’ai du abréger des conversations avec des gens que j’allais rencontrer trois heures plus tard, tout en passant pour un malpoli ?
 
Autre phénomène, les systèmes de localisation en voiture nous évitent désormais d’avoir à baisser la vitre pour demander son chemin à un autre humain.
Cela n’a l’air de rien, c’est pourtant vertigineux ce refus de considérer autrui sans plus d’intérêt, voir même ressenti comme une menace. C’est vrai, l’on pourrait demander son chemin à un dangereux criminel…
J’ai moi-même des membres de ma famille qui ont ce genre de système dans leurs voitures.
Ils en sont contents…

Travaillant bien sûr tous ces thèmes pour mes textes, la conversation m’a beaucoup intéressé. Certes nous sommes une espèce animal, c’est évident. Nous sommes bien contraint de nous conformer à cette nature, parfois agressive. Pourtant, nous rêvons d’y échapper, ou certains en rêvent pour nous…
Et paradoxalement, toute tentative par la civilisation d’en sortir produit des monstruosités, se révèle instrument de pouvoir, d’asservissement…
Quid de la détection de la délinquance à venir chez les enfants de trois ans ?

En conclusion, nous ne sommes pas sortis de l’auberge…

Pour finir cette chronique, Pierre Bordage, lui est revenu sur l’activité du romancier de SF, d’Anticipation, et en a donné les limites ! Cette littérature est la seule, je rajouterai avec le polar tout de même, à vraiment parler de notre temps, à évoquer l’humain pas seulement comme individu, mais comme composante d’une société humaine, qui comprend et travaille  l’influence de la science, des techniques sur nos vies.
Pas question pour une écrivaine, un écrivain de SF d’être un devin, de tripatouiller les abats de volaille ou les cartes pour deviner l’avenir. Car l’avenir est imprévisible. Un astéroïde tueur changera le destin de la Terre plus encore que l‘activité humaine, soyons-en sûrs…
Il s’agit pour Pierre Bordage d’exprimer les angoisses, les préoccupations du moment, de les projeter dans l’avenir. C’est effectivement indispensable, puisque écrire du futur signifie aussi être lu au présent.

Voilà, c’était un compte-rendu des discussions des Juré(e)s du concours de nouvelles 2084 ! J’espère ne pas avoir trop trahi leurs pensées…

Et maintenant les derniers ouvrages des mêmes Juré(e)s, que vous pouvez vous procurer dans toute bonne librairie !


Pierre Bordage, écrivain

feu-de-dieu-bordage

Pierre-Henri Gouyon, biologiste

ph gouyon origines-sexualite

Hervé le Treut, climatologue

letreut effet-de-serre

Roland Lehoucq, astrophysicien

livre roland lehoucq

Céline Curiol, écrivaine

celine curiol couv permission

À bientôt, avec de nouvelles chroniques. Je vous proposerai celle de Permission, récent livre de Céline Curiol, une fois finie sa lecture, ainsi que l'ouvrage de Roland Lehoucq, SF, la science mène l'enquête !
Gulzar

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 06:58

Bonjour à toutes et tous !

Aujourd’hui pas de chronique sur un livre, un film ou sur l’art et la manière d’écrire…
J’ai juste envie d’évoquer une scénette citadine.

L’une des maisons de ma rue a été détruite. À la place, un morceau de terrain vague, de la terre nue, sans aucune plante ou brin d’herbe. Six mois plus tard, je n’ai pas moins compté sept espèces de plantes envahissant les lieux, des pissenlits à une espèce de fougère… Le vent a apporté toutes ces graines, ainsi sans doute les quelques pissenlits qui parviennent à pousser sur le trottoir, profitant d’un trou dans le goudron.
D’ailleurs ce sont bien les pissenlits qui sont apparus les premiers, annonçant d’autres plantes aux graines charriées par le vent de plus loin.

En six mois, j’ai pu assister à la puissance de la vie végétale foisonnante, de ce principe puissant de conquête de territoire par les graines. J’ai bien sûr lu des pages sur ces ilots ou iles volcaniques surgis très vite des flots, et qui très vite aussi, en pleine océan voit se développer de la vie végétale, puis éventuellement animal. Mais c’est autre chose d’assister concrètement tous les jours au phénomène en allant chercher son pain ! S’en est presque irréel dans cet environnement de goudron et béton.

Certes j’habite une petite ville où la campagne est très proche, où deux parcs sont à moins de deux kilomètres. Qu’en serait-il dans une ville beaucoup plus étendue ?

D'autres interrogations surgissent également. Pourquoi cette haine apprise, construite, utilisée politiquement et économiquement chez les citadins des herbes folles, dites mauvaises, le langage est explicite. D'où provient ce souci hygiéniste d'avoir un environnement propre ? Propre à quoi d‘ailleurs ?

Comment réapprendre à la population le goût d’une végétation, d’une faune naturelle ? Pourquoi faudrait-il aussi renoncer à se façonner un environnement autonome de la Nature ? Faut-il raser les jardins cartésiens à la Française de Versailles ? Interdire les désherbants, prôner le culte du Dieu Végétation, semblable à certains cultes en Inde dédiée aux rats, aux serpents ?  

De quoi faire une jolie nouvelle, le jour où j’aurai trouvé la bonne idée, folle bien sûr…

À bientôt !
Gulzar

Post Scriptum.
Je viens d’apprendre que la SNCF va engager une vaste campagne d’installation d’épais  rideaux de ronces le long des voies à protéger, inexpugnables pour les gros animaux, et très difficile à pénétrer pour des intrus humains… L’objectif consiste à remplacer les barrières et grillages métalliques, chers, pas toujours efficaces, par une végétation bon marché, sans grand entretien.
Le végétal vaincra le métal !!!

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 22:30

Bonjour à toutes et tous !
J'essaie de rattraper mon retard en chroniques de livres et bd...

BANDE DESSINEE
La guerre éternelle, intégrale
avec la seconde série Libre à jamais
de Marvano et Haldeman

Couverture guerre eternelle

Chef d’œuvre, le mot n’est pas galvaudé. Tout comme le court roman dont est tiré l’œuvre graphique, La Guerre Eternelle, roman de Joe Haldeman écrit en 1974. Après avoir lu trois fois la bande dessinée, j’ai fini par acheté le livre. Une grande réussite littéraire, à lire également, inspiré par l’expérience de l’auteur comme soldat états-unien durant la Guerre contre le Vietnam.
La différence profonde est que l’incompréhension entre le soldat déphasé, de retour de mission, et la population est ici exprimé par la relativité du temps. Les soldats faisant la guerre dans un autre système solaire, ils vieillissent bien moins vite que sur Terre, et deviennent donc des ancêtres, perdent leurs proches, voient les modes de vie prodigieusement évoluer… La principale cruauté et profondeur du récit vient de là, de l’isolement des soldats, jusqu’à devenir véritablement des spécimens des temps anciens…
L'évolution du conflit est aussi très réfléchi, intuitivement très fort je trouve. cela ne vieillit absolument pas, ce qui prouve bien que Joe Haldeman a trouvé un récit qui a sa propre logique interne, défiant le temps, comme les protagonistes de son roman !

Alors, nous n’allons pas perdre de temps.
Si par malheur vous ne connaissez pas cette bande dessinée, lisez-la ! Voilà, c’est tout. L’Œuvre vous parlera, comme elle parle au cœur et à l’intellect de toutes ses lectrices, de tous ses lecteurs.


A bientôt.

Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 22:19

Bonjour à toutes et tous !


Chronique donc aujourd’hui sur la toute dernière série Star Trek, dont la première des quatre saisons a commencé en 2005.

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Je ne vous raconterai pas en détail la trame narrative, ni les dénouements de certains épisodes particulièrement aboutis pour ne pas déflorer votre plaisir en cas de futur visionnage ! La trame générale consiste en la volonté d’exterminer l’Humanité de la part de cinq espèces, qui n‘en formait autrefois qu’une seule, guidées par une autre mystérieuse espèce… Qui en réalité modifie les lois physiques d’une partie de l’Univers pour pouvoir s’y installer, et éliminer les autres formes de vie…. Cette menace commune va finir par souder les espèces entre elles pour vaincre cette menace commune, le tout saupoudré de voyages dans le temps… Bref, tout ce qu’on aime !

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Tout d’abord, je n’ai que de lointains souvenirs des épisodes de la première série des années 60 qui date de mon enfance. Je n’ai pas vu les quelques séries Star trek qui se sont succédés au cours des décennies suivantes. Par contre, j’ai vu 6 ou 7 longs métrages, dont le premier réalisé avec talent par Robert Wise. Je ne suis donc pas un spécialiste de Star Trek ! Rendez-vous sur d’autres sites spécialisés pour plus de détails…

Cette dernière série en date revient dans le passé de la série, aux origines, suivant la tendance constatée à propos de Batman ou de la série Caprica qui succède à Battlestar Gallatica. Plus précisément, le vaisseau Enterprise dont nous suivront les aventures est le tout premier disposant du mode de propulsion à grande vitesse qu’utilisent les autres civilisations spatiales, dont les Vulcains. Nous suivons donc le tout premier voyage d’un équipage novice au-delà du système solaire, en mission officiel autorisé par les Vulcains, qui après plus de cent ans d‘apprentissage laissent enfin les humains vagabonder un peu dans les cieux...

Le grand soin amené à la série commence à se faire sentir dès le design du vaisseau. En effet, soyons logique. Le vaisseau des séries précédents sont donc plus aboutis, vont plus vite, sont plus volumineux, puisqu‘ils sont les générations suivantes du vaisseau ! Les décorateurs ont donc conceptualisé et réussi un vaisseau non pas disgracieux, mais plus maladroit, moins élancé dans son aspect ! C’est assez subtil, mais le tout premier Enterprise semble bel et bien moins beau que ses successeurs ! Ce n’est peut-être qu’une sensation toute personnelle, mais en tous cas cela m’a paru très pertinent, essentiel même puisque le vaisseau est évidemment très souvent à l’écran. Il est un personnage à lui tout seul, l’unique abri de l’équipage, menacé en bien des circonstances…
Je vous laisse juge d’après ces photos…


Entreprise 2005



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Enterprise des années 60


Enterprise debut

Les dimensions intérieures du vaisseau sont aussi réduites. Dans l’un des bonus des dvd, le décorateur explique que la cabine du Capitaine est volontairement basse de plafond, qui comporte une partie en pente, ce qui l’oblige à se pencher. Les couloirs aussi sont étroits, l’on y passe difficilement à quatre de front, les navettes de transport sont petites. J’avoue humblement que je n’avais pas perçu consciemment le décor, ce qui prouve sa forte et juste logique interne !

Autre attrait certain de la série, un gros travail de scénarisation a été consacré aux Vulcains, principalement sur deux aspects, qui n’existaient pas il me semble dans la série des années 60.
Premier aspect politique, le rôle de protecteur inquiet du tout jeune peuple humain, turbulent, fougueux, pas habitué aux subtilités des relations inter-espèces… Cet aspect revient souvent dans la série, et l’enrichit. Nous nous retrouvons en élève, certes doué bien sûr, mais en élève tout de même ! Cette série est donc un apprentissage, le tout premier.
Mais nous découvrirons aussi que les Vulcains mentent, sont aux prises avec leur passé guerrier, négligent parois d’assister leurs protégés humains… Rien n’est simple, tout est complexe entre les quatre ou cinq espèces principales de la série. Dans pratiquement tous les épisodes qui mettent en scène deux espèces, je n’ai jamais deviné la fin ! Il y a toujours une surprise, un rebondissement, une orientation qui surprend.

Second aspect plus intime, plus secret, qui est je trouve très bien développé, est ce fameux contrôle des Vulcains sur leurs sentiments, leur extrême rationalité qui leur permet de prendre les bonnes décisions. Hors, contrairement à ce que pouvait laisser penser la première série et les longs métrages, du moins dans mon souvenir, cette caractéristique n’a rien de naturelle, comme leurs oreilles pointues… C’est le fruit de tout un apprentissage, un contrôle obtenu par des exercices de méditation. Suite à des guerres atroces et dévastatrices, les Vulcains en sont venus à créer cet art de vivre. C’est donc de leur point de vue un acte fort de civilisation, et se méfie donc des autres espèces qui ne contrôle pas leurs pulsions.

Le combat entre sentiment et raison continue donc, éternel souci de l’Humanité ! Star Trek interroge sur notre propre nature. Et cette interrogation passe par le personnage féminin de Ti-pol, qui prend la place de Monsieur Spock dans la série. Elle incorpore, normalement pour peu de temps, l’équipage de l’Enterprise. Et tout du long de la série, nous assistons à sa transformation, à ses envies de découverte du comportement humain, à ses doutes, ses rapports avec sa mère, ses mœurs vulcains en terme de mariage, qui contrecarre son envie d’indépendance et son amour pour un membre de l‘équipage humain. L’actrice arrive à faire passer énormément de choses avec toujours ce visage imperturbable.

 

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Ce personnage, troublant et perturbé, est véritablement une grande réussite ! Petit à petit, elle se décompose, devient autre, tout en restant bien sûr Vulcaine. De plus, rien n’est bêtement moraliste ou à l’eau de rose. Si elle a ses premiers troubles, c’est tout simplement qu’elle n’a plus le temps de pratiquer ses exercices de relaxation à cause d’alertes fréquentes, de missions au sol…

Alors bien sûr, cette série au ton très adulte, porté sur de véritables problématiques politiques, sociales, diplomatiques, de rapports frontaux entre civilisations, conserve d’ahurissantes caractéristiques qui épouvanterait le lecteur de SF contemporaine la plus rationnelle et avancée !!!
Mais cela se comprend en terme d’équilibre. Le cynisme ne peut complètement l’emporter. Star Trek des années 2 000 se doit d’emporter du Star Trek des années 1960...
Et quoi de mieux que les pistolets énergétiques, les gerbes de flammes dans le poste de pilotage à la moindre attaque, la ridicule salle des machines, avec son générateur d’énergie, au tableau de contrôle digne des années cinquante ! Cela fait sourire, mais nous repose aussi de la tension narrative d’un haut niveau.

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Petit détail sur les uniformes des membres humains, ils sont très proches d’un bleu de travail ! C’est assez troublant, mais en même temps cela rabaisse les humains par rapport aux autres espèces, si l’on considère bien sûr qu’il est inférieur socialement d’être un ouvrier par rapport à être ingénieur… Les humains de Star Trek ne sont pas conquérants, mais besogneux… Ils doivent apprendre, s’ils veulent survivre, prendre leur place et trouver leur dignité, confrontés à d’autres manières de pensées, des conflits qui les dépassent.
Ces uniformes font également penser quelque peu à ceux en cours dans la marine des sous-marins, avec toujours l'idée de vaisseau insubmersible, mais toujours menacé !

Dernier petit détail scénaristique pour vous donner l’eau à la bouche. Puisqu’ils entreprennent leur première voyage, et découvrent toutes les possibilités de leur vaisseau, l’équipage de Star trek utilise le téléporteur à distance, mais uniquement dans les premiers épisodes pour des objets. Ils sont assez angoissés à l’idée d’être désintégrés et reconstitués..!
Puis les circonstances, l’urgence les obligeront à l’utiliser eux-mêmes…

Nécessité fait loi. C’est cela aussi l’immense qualité scénaristique de la dernière série Star Trek.
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 22:16

Bonjour à toutes et tous !
Aujourd'hui, sans aller chroniquer trop longuement le livre, je voudrais vous signaler un ouvrage de physique fondamentale vraiment intéressant de Nicolas Prantzos, sorti récemment en livre de poche à dix euros, après une édition originale au Seuil.

couv Prantzos

Car l'ouvrage n'évoque pas la physique fondamentale des particules, mais l'avenir de l'Univers connu, où nous vivons, ce qui me semble largement aussi fondamental !

Après l'avoir lu déjà deux fois, rien de tel pour bien assimiler le propos, je le trouve toujours aussi passionnant.
L'auteur, chercheur en Astrophysique nucléaire, aborde à partir des données et hypothèses actuelles, l'avenir du vaste cosmos... jusqu'à sa mort thermodynamique !

Les différents scénarios de survie de l'Humanité sont proposés, au-delà de la mort de notre soleil. Que restera-t-il des galaxies ?  Où la vie pourra-t-elle vivre, survivre ? Pendant combien de temps, avec quelle énergie ? L'Univers va-t-il finir en Big Crunch, ou se déliter en morne plaine cosmique ?

La lecture de ce genre de livre, abordable par un style destiné à un large public, est indispensable pour moi. C'est de là que naissent des ouvrages solides, des textes, qui certes sont poétiques et romancés, mais basés sur de solides bases scientifiques.
Science et fiction sont absolument complices dans une littérature d'Anticipation qui se veut vraisemblable, tout en emmenant le lecteur dans l'imagination sans bornes de l'auteur...

Kim Stanley Robinson a tout simplement et logiquement basé sa trilogie martienne, portant sur la terraformation de la planète rouge, sur un rapport de la NASA, d'après ce que je sais !
Emile Zola réalisait des enquêtes de terrain avant l'écriture de ses romans des Rougon-Macquart.
Et bien, je tente modestement de faire de même pour les romans à venir de 36, quai du Futur !

En tous cas, je vous conseille la lecture de ce livre vulgarisateur, passionnant et vertigineux.

A bientôt !
Gulza

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 22:12

Bonjour à toutes et tous !

Petite chronique sur l'avant dernier roman lu, Le onzième commandement, un roman de l'excellent nouveliste Lester Del Rey, qui date des années 70.

onzieme commandement

Toujours la même remarque. Comme cela fait du bien de lire des romans en livre de poche de 300 pages seulement ! L'histoire y prend de la force, de la netteté...

Le onzième Commandement est un ajout aux dix premiers de la religion chrétienne, "Croissez démographiquement", appliqué par l'Eglise Américaine suite aux ravages d'une guerre nucléaire...

Le personnage principal, venu de la colonie martienne devenue indépendante de la Terre surpeuplée, se retrouve forcé de vivre dans ce cloaque humain, qui lui apparaît dans un premier temps horrible, sans aucun sens.
Pourquoi croître sans fin, et vivre dans des conditions matérielles précaires, au lieu de maîtriser la démographie ?

Bien évidemment, il y a une raison souterraine à tout cela... Car le grand intérêt de la trame narrative du roman est de faire des religieux des scientifiques, comme durant le moyen-âge d'ailleurs, des gens doués de raison, et non des fanatiques...

L'on se pose donc la question tout le long ! Pourquoi donc le pouvoir religieux prône-t-il une croissance démographique qui paraît sans bornes, voulant même imposer ce mode de vie à l'Australie isolée, alors même que ses dirigeants paraissent sain d'esprit ? J'avoue humblement ne pas avoir deviné !

Je ne vous dirai évidemment pas la fin du roman, qui datant des années 70, exprime d'ailleurs cette terreur qu'inspirait la croissance démographique humaine dans les années 60, 70...
Mao prônait de faire des enfants chinois en masse, qui plus tard deviendront soldats capables d'arrêter l'invasion américaine probable. L'afrique, l'Asie, l'Amérique du Sud semblaient incapable d'abaisser leur taux de natalité...

Une terre peuplée de quinze milliards d'habitants semblait irrémédiable...

Après réflexion, je trouve que le roman s'inspire également d'un sourd sentiment de supériorité des occidentaux qui voient les pays du Sud sans avenir, à cause d'une trop forte proportion à faire des enfants...
En oubliant le fort taux de natalité qui a toujours prévalu en Europe avant les progrès de l'Agriculture et de la Médecine, l'avénement de l'Industrie...

Ces inepties à forts relents colonialiste, raciste, ont la vie dure. Car n'est-ce pas, seuls les animaux ne maîtrisent leur sexualité...

Le "Progrès" semble irrémédiablement lié, tant culturellement qu'économiquement à un abaissement drastique de la natalité... Sauf dans "Le onzième commandement"...

Ce roman nous rappelle donc que la natalité chez l'Humain est inversé par rapports aux autres espèces animales de mammifères, qui ont tendance à calquer sa natalité sur les ressources disponibles. Plus il y a de ressources, plus ils procréent. Alors que l'Humanité semblent faire l'opposée...
Il suffit de voir l'évolution démographique du Japon, du Proche-Orient, du Japon, de la classe aisée du Brésil, etc... qui ne subissent pas une loi telle que celle de "l'enfant unique" chinois.

Le onzième commandement est donc un retour de l'Humanité à l'animalité. Mais pour quelle raison ?!!! Réponse extrêmement juste dans les dernières pages...

Travaillant également sur la démographie dans mes nouvelles et romans à venir de 36, quai du Futur, je me devais donc de lire cet intéressant roman.

A bientôt avec des chroniques de films, et du court roman "La route" de Cormac Mc Carthy.
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 17:38

Bonsoir à toutes et tous !

Comme je visionne, à peu de chose près, un fim ou des épisodes de série par jour, forcément je vois beaucoup de films hors SF, que je ne chronique pas sur ce blog.

Néanmoins, j'aimerais vous en conseiller ce soir quelques uns, peu ou pas du tout connus. J'ai particulièrement apprécié leur histoire, leur ton, ce qu'il m'ont amené humainement.

"Une journée bien remplie"
Premier film écrit et réalisé par Jean-Louis Trintignant
DVD chez Wild Side Vidéo, excellent diffuseur !
Avec jacques Dufilho. Un rare moment de cinéma, très caustique. Un film qui possède cette liberté de ton particulière aux années 70.

"The indian runner"
Premier film de Sean Penn, avec David Morse, Viggo Mortensen et Charles Bronson, Patricia Arquette.
Editeur GCTHV
Il n'y a rien en trop dans cette histoire de deux frères, très intense...

"Les deux cavaliers"
Western ironique de John Ford
Avec un James Steward en plein forme, sur un sujet classique, les migrants colonisateurs occidentaux enlevés et incorporés à un peuple indien.

"Laafi tout va bien"
de S. Pierre Yameogo, tourné en 1990 au Burkina-Faso
distribué par Médiathèque des Trois Mondes (M3M)
Nous ne voyons pas assez souvent de films africains !
Suivez donc les aventures de Joe, qui vient d'obtenir son bac C à Ouagadougou ! Vraiment, vous allez aimer ce film !

Je viens aussi de me dégoter une rareté qui promet bien des joies, "Seigneurs de la route", avec David Carradine et Sylvester Stallone, une grande et belle histoire de courses de voitures dans une Amérique du Futur...
Il faut parfois savoir se détendre...

A bientôt, avec une chronique d'un court roman de Lester del Rey, et un film rare aussi, très réussi à mon goût, Innocence de Lucile Hadzihalilovic.
Gulzar

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