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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 16:28

Bonsoir à toutes et tous !

2012 donc que je viens de voir en salle ce matin, de notre ami Roland Emmerich, grand faiseur de films...

Résumé rapide. Le soleil fait son caprice, dégage beaucoup de méchants neutrinos qui font office de micro ondes, qui réchauffent le centre de la Terre. Les plaques tectoniques se mettent violemment à bouger. D'énormes volcans, failles, tsunamis apparaissent, détruisant toutes traces de civilisation humaine sur les cinq continents.
J'oubliais, tout le monde va mourir, ou presque...

Bon. Ne vous attendez pas à un miracle... Le cinéaste est toujours incapable de laisser véritablement une scène se prolonger et entrer dans la tête du spectateur pour ne plus en sortir, la faute à un montage trop banal, avec cette peur au ventre stupide d'ennuyer le spectateur avec un plan catastrophe de plus de quatre secondes. La plupart des personnages agissent de manière stéréotypés, sans peur, et quelques doutes moraux tout de même.
Pour un cinéphile moyen ou averti, c'est vraiment rédhibitoire...

Ceci dit, si l'on compare ce film avec ce qui est comparable, c'est à dire les propres films d'Emmerich et des faiseurs de bonne aloi, "2012" comporte d'intéressantes caractéristiques de fond.

Tout d'abord, malgré sa longueur de 2h 40, il m'a semblé voir un film court. C'est bon signe sur la qualité de l'histoire, en tous cas son rythme.
Les effets spéciaux, même avec un montage trop plat, même mal filmés sont vraiment remarquables techniquement.

Ensuite, les questions morales sur qui va survivre et qui va mourir sont bien là. Quelques personnages, et détails sociaux sont aussi bien vus.
Juste un exemple. Les arches qui vont sauver les quelques survivants sont fabriquées en Chine pour le prix de la main d'oeuvre, au Tibet plus précisément pour la hauteur des montagnes... Et avec l'aide du secteur privé, la vente de billets aux plus riches, les états étant incapables de payer la facture !
Ce genre de détails font aussi le charme de ce genre de films...

Mais la vraie question est celle-ci. Pourquoi vais-je voir de tels films, au thème délirant, réellement sans intérêt profond pour moi en tant qu'auteur d'Anticipation, alors qu'il y a tant d'autres films à visionner, vieux et récents ?
Pourquoi ? Pour voir ce que voit le grand public. Pour savoir ce que signifie pour eux le grand spectacle, pour ne rien mépriser.

Pour comprendre comment toucher un large public, sans évidemment faire du "2012" en livre !!!!

Pour imaginer comment j'aurai moi écrit ce scénario, ce que j'aurai gardé, changé, rejeté, etc...

Il n'y a pas que les chefs d'oeuvres qui sont stimulants !

A bientô.
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 16:02

Bonjour à toutes et tous !

Pas eu le temps dimanche d'aller voir le médiatique 2012 en salle ! J'irai donc dimanche prochain, vous aurez donc droit à mon humble avis...

Mais nous allons nous rattraper avec un très bon film d'Anticipation venu de Belgique, que j'avais déjà vu d'ailleurs avant de commencer à écrire 36, quai du Futur.

Disponible en DVD dans la série "Cinéma indépendant" à bas prix, ceux à la jaquette blanche, il s'agit de "Thomas est amoureux" de Pierre-Paul Renders, scénario de Philippe Blasband.

 

thomas est amoureux

L'idée narrative est très simple. Thomas, trentenaire atteint d'agoraphobie aigüe, vit enfermé dans son appartement depuis huit ans, ne communiquant avec autrui que par vidéo.
Il ne sort jamais, jamais personne ne vient chez lui. Le côté matérielle de sa vie est géré par une compagnie d'assurance, la Globale.

Comme d'habitude, je ne vous raconte pas le synopsis pour ne pas gâcher votre plaisir si vous souhaitez le voir. Mais toute la force cinématographique de ce film est son choix radical.
En effet, pour raconter cette histoire d'enfermement, j'aurai choisi entre deux options. Soit se centrer sur Thomas, vivre sa vie dans son appartement, le monde étant rejeté à la périphérie, soit alors montrer l'extérieur, Thomas étant alors là indirectement.

C'est la seconde option qu'a choisi le scénariste, et elle est poussé jusqu'au bout. Le spectateur ne verra jamais Thomas, ne connaîtra jamais son visage ! Le film n'est constitué que de plans fixes vidéos des conversations de Thomas. Nous voyons et entendons ce qu'il voit, ce qu'il entend. Nous sommes Thomas !!!

 

thomas 1

Et l'émotion naît. Car l'avantage de ce procédé très logique, très graphique aussi, c'est l'usage du plan séquence, parfois agrémenté de zooms.

Le sujet du film est l'isolement de l'individu grâce aux possibilités des télécommunications, webcam, achat par internet, portable, etc...
Et le film nous donne paradoxalement à voir de longs échanges humains, où les acteurs ne sont jamais coupés, où ils ont le temps de construire une relation !
Je n'ai pas visionner le film avec un chronomètre, mais certains plans séquences doivent bien durer 2, 3 à 5 minutes, voir plus ! C'est un rare plaisir de cinéma...

La lumière aussi est soignée, contribue avec des décors simples mais prégnants à nous rendre le monde extérieur à Thomas aussi artificiel que le système qui le maintient enfermé ! Rien n'est négligé pour nous donner à voir et à entendre du sens.

 

thomas2

Thomas est isolé physiquement, mais pas émotionnellement. Et c'est cet aspect non manichéen qui donne à ce film, tourné avec de bons acteurs et peu de moyens matériels, son charme indéniable et sa force d'Anticipation, de plus toujours bien contextualisé socialement, par petites touches.

Quatre relations principales entrelacées, Le représentant de la Globale, son psy payé par la Globale, sa mère et une femme en particulier forment la trame narrative du film.


 

thomas 3

Je ne vous dis pas de qui tombe amoureux Thomas. Mais il faut visionner le film aussi pour cette histoire d'amour avec une femme, très bien interprété par Aylin Yay je crois. Nous sommes avec ce personnage féminin dans un futur possible vraiment pas réjouissant... Cette histoire d'amour est le moteur du film, ce qui va le faire évoluer. Mais je n'en dis pas plus ! Voyez le film !

J'ai également regardé les bonus. L'acteur qui joue Thomas, une simple voix off donc, était bien présent sur le tournage, enfermé dans une minuscule pièce, jouant en direct avec les acteurs par liaison audio !

A bientôt, avec 2012 ! Je vais aussi revoir Existen Z de David Cronenberg d'ici peu.
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 15:57

Bonjour à toutes et tous !

Je ne vais pas vous tenir une chronique de conversation de bar, mais de samedi soir, petite soirée avec mes correcteurs autour d'un bon film !

Un sujet est venu sur la table, que je trouve passionnant, et que bien des gens acceptent comme une vérité quasi absolue.

Il s'agit de la prétendue "objectivité de la Science". Ou "neutralité"

Je dois dire que je croyais ce concept plus ou moins vrai, avant que j'écrive de l'Anticipation, que je m'intéresse de près aux sciences et techniques...

"La Science" serait donc objective, au sens ou on la développerait dans un souci purement scientifique, que ses applications technologiques relèveraient d'une logique universelle, appellée "le progrès".
Il est difficile de se débarasser de cette idée reçue développée, propagée, par le monde de la science et de la politique vis à vis du peuple ignorant...
A force de l'entendre dire, on finit par croire que c'est vrai !
Que n'ai-je pas lu il y a encore peu de temps dans une revue astronomique, pourtant très bien, l'interview d'un spationaute nous arguant que la recherche spatial finirait à terme à réduire la misère sur la Terre ? On croit rêver....

Au cours de la discussion, un exemple frappant est venue, les examens pré-natales, qui permettent de détecter utilement des malformations, et aussi le sexe de l'enfant à naître...

Au 21ème siècle, En Europe, cet examen ne compromet pas l'équilibre démographique. Pourquoi ? Parce que les femmes dans l'inconscient collectif restent des êtres inférieures aux hommes, mais d'un autre côté le mariage avec une dote est totalement dépassé, voir oublié.
La femme n'est plus une marchandise dans les rapports entre familles depuis au moins un siècle ou deux, surtout parmi les couches populaires. C'est moins vrai dans une "élite sociale" ou le mariage d'intérêt existe encore.

Par contre, en Inde, dans une moindre mesure en Chine, l'usage de l'examen pré-natale est un désastre démographique. Les familles, notamment aisées pouvant se payer cet examen, supprime en masse les filles avant même qu'elles naissent.
Car les femmes en se mariant coûte une dote, s'en vont dans la belle-famille, que la femme est largement perçue encore comme une marchandise, un être inférieure.
En Inde, certains villages et villes sont dépeuplées de femmes, causant violence des hommes, enlèvements, misère morale, etc...
Malgré les efforts du gouvernement, la situation se poursuit...

La situation serait la même dans certains pays africains, si cette technologie médicale était accessible.

La science contribue donc à éliminer les femmes de la société.
C'est un fait objectif, irréfutable ! Effrayant...

Alors, le discours premier est de nous dire que la Science est neutre. Que ce sont les Indiens qui sont des monstres sanguinaires, des mysogines qui sont incapables d'évoluer dans leurs moeurs...

Rien n'est plus faux.
D'abord l'Inde devra évoluer si elle ne veut pas être à feu et à sang d'ici cinquante ans... Et elle évoluera, de gré ou de force...

Mais du point de vue scientifique, cette exemple montre à quel point la Science, et surtout ses applications, sont démensurement tributaires de la société qui les produit.

L'examen pré-natal aurait été difficile à inventer en Inde, par peur immédiate de ce que la population pourrait en faire... Ce serait une arme de sélection, et non une prévention médicale...
Cette technique répond à une utilisation raisonnable dans un contexte sociale précis, et pas un autre.

Il n'y a rien à reprocher au peuples d'Inde. Ils ne font là qu'utiliser une technique non conçue pour eux pour répondre à leurs besoins sociaux, à ce que la tradition exige d'eux, pour ne pas à avoir à dépenser trop d'argent...

Nous autres européens, ferions la même chose qu'eux si notre société était semblable !

La Science n'est donc pas une marche en avant universelle !

Dans la même idée, quelques autres exemples.
Les civilisations andines, très avancées en astronomie, n'ont pas inventé la roue, car les lamas convenaient parfaitement sur les chemins escarpés...
Les peuples qui n'ont pas accès à la mer invente rarement une marine...
La voiture électrique a plus de cent ans, et sans le pétrole abondant et peu cher, la deudeuche aurait été électrifiée...
La Russie à une science des ondes électromagnétiques plus avancée que l'Europe de l'Ouest, allez savoir pourquoi ?!!!
Tous les pays n'ont pas la même législation sur le clonage, ni la même sensibilité.
Vous trouverez vous-même d'autres exemples facilement...

Il me semble parfois que ce discours sur la neutralité de la Science, du progrès n'est là que pour justifier une puissance politique, économique, et n'a pas grand chose à voir avec la Science en tant que pratique.

Personne ne peut être neutre.

Vous croyez vraiment à la neutralité de la Suisse ? Moi pas...

Autant dire que d'avoir une vision juste de la Science, débarrassée de son discours quasi religieux, est important pour un auteur d'Anticipation !

La Science n'existe pas sans relativité, sans objectivité. Il convient donc aussi de relativiser son discours...

A bientôt !
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 15:52

Bonsoir à toutes et tous !

Ce soir, petite chronique cinéma, avec un film d'animation que je viens de voir pour la seconde fois avec plaisir.
Il s'agit de Wonderful Days du sud-coréen Kim Moon-Saeng, film récent de 2004, disponible en DVD.

 

Woderful Days

Comme d'habitude, je ne vous raconte pas tout !
Tout d'abord, le film est vraiment réussi avec ses plans en images réelles, ses séquences qui mélangent maquettes et images de synthèse, le pur dessin animé des personnages mêlé aux décors par ordinateur. L'ambiance est sombre, on prend son temps, mais une atmosphère s'installe, et c'est important pour une oeuvre !

On y retrouve aussi l'importance des chantiers navals, qui ont fortement contribué à la prospérité économique de la Corée du Sud. La plupart des groupes industriels sont nés de ce secteur, ou y ont une participation.

Par contre, les personnages restent assez froids, sans l'expressivité des dessins animés japonais par exemple. cela déroute quelque peu, mais ne peut être perçu comme un manque de talent ! Il s'agit simplement je pense d'exprimer une gravité, de se concentrer sur les décors, sur l'action. L'histoire est plus forte que ses personnages... Histoire assez courte, puisque le film dure 1h 20. C'est plutôt un bon point.

Car l'idée qui structure toute l'histoire est lumineuse. Une cité riche, Ecoban, exploite à son profit la pollution d'une autre cité, maritime celle-ci, Maar.
Et cette trame narrative entre en résonnance très forte avec notre monde actuel. non pas tant par la pollution en elle-même, mais par son exploitation commerciale.
Songeons qu'il existe une bourse du CO2, où les pays, les entreprises vendent et achètent leur quota de CO2... Absurdité, qui pourrait très bien déboucher sur un fort désir, une nécessité de pollution pour faire de l'argent, voir récupérer de l'énergie thermique en brûlant les déchets.
Pensons à nos déchetteries. Que deviennent-elles sans plus de déchets ?

C'est cela la force de "Wonderful days". La pertinence du sujet et la force de sa réflexion qui sont vertigineuses...

A bientôt !
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 15:28

Bonjour à toutes et tous !

Longue chronique scientifique pour aujourd’hui. N’hésitez pas à la copier pour la relire tranquillement, la critiquer, la diffuser.

Une des données fondamentales de la science est sa diffusion, son acceptation, son rejet, sa compréhension réelle par une large partie de la population. La presse scientifique généraliste joue donc un rôle important socialement, faisant le lien entre l’information très grand public réductrice, voir parfois à la limite de la stupidité, et la presse professionnelle, très difficile à déchiffrer.

Pour la lire depuis bientôt presque vingt-cinq ans, j’ai commencé au collège, la presse scientifique me paraît de plus en plus portée sur l’image, voir l’imagerie, au détriment du texte.
C’est à dire au détriment du savoir, supposée être son objectif…
Car il ne faut pas se tromper, une image, non un plan technique mais une illustration, contient strictement aucun savoir…
Dire le contraire est mensonger !!!
L’image est séduisante, attire l’œil. Un schéma explicatif peut aider à la compréhension d’un phénomène, à le visualiser.
Mais c’est tout, absolument tout !!!!

Je vous donne un exemple très simple. Une photo magnifique de Saturne sur deux pages, de plus en plus belle avec l’évolution technique des sondes spatiales, des télescopes, nous permet de savoir que la planète est ronde, que sa surface paraît gazeuse, et qu’elle est entourée d’un disque tout plat composé visiblement de plusieurs strates, le tout accompagné de deux trois minuscules satellites.
Et c’est tout.
Tout le savoir, sa taille, sa composition gazeuse, son orbite, les hypothèses de sa formation, la constitution de ses centaines d‘anneaux et la liste de ses satellites ne peuvent qu’être connu qu’à travers un texte !!! Une conférence, à la rigueur…
Je mets au défi quelqu’un de me démentir !!!

De même avec un planisphère, l’éclaté d’un avion, le schéma d’une cellule, etc… Ils ne sont rien sans savoir réel, sans compréhension intellectuelle longue à acquérir.

Le savoir, c’est le texte, la conversation. Ce ne sont pas les images, qui servent à bien d’autres choses qu’à instruire…

Pour résumer grossièrement, le texte c’est le savoir, l’image c’est la sensation immédiate.

Alors, dans notre monde de plus en plus envahi d’images, le mot n’est pas trop fort je crois, qu’en est-il du savoir scientifique ? Comment la presse peut continuer à remplir son rôle face à des gens de plus en plus incultes ?

Car la voilà la raison de cette chronique, l’inculture !
Une réflexion que j’ai lue, entendu à plusieurs reprises, m’a beaucoup frappé. Certes, l’accès au savoir se développe, dans des proportions parfois gigantesques. Donc, à priori, nous sommes de plus en plus cultivé…
Mais ce n’est qu’un aspect de ce raisonnement. Car la culture, le savoir, ce n’est pas ce que l’on peut acquérir dans une vie. C’est le ratio entre ce qu’il faut savoir pour être cultivé, et ce qu’il est possible d’assimiler…
Et ce ratio devient très défavorable !!!
Un gentihomme, une dame sachant lire du 17ème siècle, pouvait absorber la quasi connaissance de leur temps. Nombre de scientifiques excellaient dans divers domaines, dans l’agriculture, l’industrie naissante, la chimie comme les mathématiques.
Ils et elles pouvaient encore relier leurs savoirs entre eux… Et ils se contentaient du savoir occidental…

De nos jours, c’est impossible… Il y a infiniment trop de savoirs à acquérir, de ceux qui comptent. Trop de pays, de recherche, de statistiques, de livres, de sites internet, de rayonnages de bibliothèques…

Morcellé, le savoir assimilable par un humain devient une goutte d’eau dans un océan… Paradoxalement, malgré les apparences, nous sommes donc de plus en plus incultes, incapables d’une vision globalisante en ce monde globalisé…

L’image remplace-t-elle donc le savoir ? Au détriment de l’intelligence ?
Ce fantasme de régression est-il vraiment réel ? Quelle est exactement la nature de cette évolution, si évolution il y a !!!

Pour écrire cette chronique, je ne pouvais me contenter de vagues impressions…
Je vous propose donc de procéder le plus précisément possible à l’analyse de deux Science et Vie mensuel, l’un de 1985, l’autre de 2009, soit près d’un quart de siècle d’écart.
Puis de deux Hors séries, l’un de 1979 sur l’Energie, l’autre de 2009 sur les Robots.

Bien sûr, pour une véritable étude, il faudrait sans doute étudier des dizaines de numéros, ainsi que d’autres revues ! Mais je ne suis qu’un modeste auteur d’Anticipation, je ne travaille pas au CNRS !
Néanmoins, je crois que c’est très instructif tout de même…
Le choix de Science & Vie me paraît aussi pertinent, car c’est une revue datant du début du 20ème siècle, populaire. Mais les conclusions sont à mon avis à peu près applicables à Science & Avenir, voir La recherche.

Voici donc les résultats de cette double analyse, à travers deux tableaux. J’ai pu bien sûr commettre quelques erreurs minimes de comptabilité, mais qui ne devrait pas influencer sur les grandes tendances.
Je voudrais également préciser que cette étude critique ne vise en rien la rédaction de Science & Vie, qui doit s’adapter aux lecteurs, et vendre pour ne pas disparaître… D’ailleurs il ne s’agit pas de juger de la qualité, l’objectivité ou l’indépendance des articles, mais d’analyser le rapport structurel entre l’image et l’écrit.


PREMIER TABLEAU



tableau 1 blog


CONCLUSIONS

Les chiffres sont spectaculaires ! La revue a perdu plus de 50 % de mots, au profil de l’image, notamment pleine page…
Cela s’explique par trois faits. Tout d’abord la réduction du nombre de pages. Ensuite, la publicité qui passe d’une dizaine de pages à une trentaine,prenant une place considérable.
Enfin, la mise en page est bien différente. La revue de 1985 est très linéaire, privilégiant les longues colonnes de texte, alors que celle de 2009 est complètement éclatée, même si le nombre total de photos est similaire. Simplement, leur taille augmente, ainsi que le nombre de photos pleine page.
Surtout, les articles, les dossiers sont fragmentés en morceaux, le texte principal étant complété par nombres d’encadrés, de colonnes d’interview, des références de sites internet à consulter, etc… Il devient impossible de lire un article dans sa continuité ! L’œil est sans cesse sollicité par les couleurs des pavés de textes, les photos détourées, les schémas !

En résumé, le Science & Vie de 1985 est fait pour être lu, celui de 2009 pour être parcouru…

La différence de forme est évidente. Les chiffres appuient le sentiment immédiat lorsqu’on a les deux revues en main.
Bien sûr, le plus récent est bien plus attrayant graphiquement, l’évolution de forme permet d’attirer et de conserver un public jeune, attiré par l’image.
Visiblement, la rédaction a très peur que le jeune lectorat n’abandonne la revue s’il y a deux colonnes complètes de texte à la suite ! C’est très frappant. Et en dit long sur la grande difficulté pour nombres de gens aujourd’hui à se concentrer sur une simple tache qu’est la lecture… Hors c’est pourtant cette faculté de concentration qui nous permet d’acquérir réellement, de comprendre un raisonnement scientifique ou philosophique…

Il n’y a là  rien de véritablement critiquable, car l’inculture scientifique ne serait qu’augmentée si les revues de vulgarisation disparaissaient, faute de renouvellement du lectorat !
Néanmoins, si l’on prend en compte que l’image ne contient en elle-même très peu de savoir, que la  revue a perdu plus de 50 % de mots en 25 ans, le constat est tout de même angoissant…
Jusqu’où va nous conduire une société, une Humanité qui ne vit le monde qu’à travers l’image, qui n’est plus capable de lire six pages de texte de suite ? La raréfaction encore plus accentué du savoir, de la pensée nous attend-t-elle ?

Ne soyons pas trop pessimistes malgré tout, car il faut aller au-delà des chiffres brutes. En réalité, d’après ce que moi j’en perçois comme lecteur régulier, la revue à fait évoluer sa ligne éditoriale, et ce n’est pas forcément une évolution si négative !

Science & Vie n’est plus l’accumulation du savoir, c’est une arborescence de savoirs.
Par des dossiers multiformes, ses références à nombre de sites internet où aller chercher plus de détails et d’informations, ses critiques de livres bien mis en valeur, la revue nous dit une chose, Soyez curieux, ne vous contentez pas de nous lire, allez voir ailleurs !

Malgré tout, Science & Vie contient bel et bien 50 % de mots en moins…


SECOND TABLEAU


Il est intéressant aussi d’examiner les Hors série. Portant sur des sujets précis, l’on peut s’attendre à un développement maximal, à des analyses plus poussées que dans des articles du tout venant des mensuels…


tableau 2 blog


CONCLUSIONS

Je dois dire que j’ai été assez surpris des résultats ! Je pensais que les Hors série de Science & Vie avaient suivi la même évolution que les mensuels. Mais il n’en est rien, et c’est tant mieux. La rédaction a visiblement fait le choix de longs dossiers. Certes la tendance est la même, mais très atténuée. Il y a plus d’images, notamment pleine page, mais le nombre de mots est presque conservé, avec tout aussi peu de publicité. De part leur thème attractif, les Hors-séries je suppose se vendent bien, et nécessiteraient donc moins de revenus publicitaires…


CONCLUSION GÉNÉRALE

Ma petite enquête chiffrée, même parfois approximative, confirme globalement les sensations de lecteur de la presse scientifique.
La revue mensuelle au fil des années devient plus une compilation d’informations, une arborescence de savoirs, au détriment d’un vrai savoir, qui nécessite de longs dossiers et beaucoup de mots ! Cette évolution reste préoccupante, car elle indique une capacité moindre du lectorat à assimiler du savoir réel, à se concentrer… Mais en même temps, elle tente de provoquer sa curiosité, elle tient compte aussi du temps disponible à la lecture, par rapport aux autres sources d’informations.
Les Hors-séries, eux, parviennent à conserver leur rôle, diffuser un savoir plus complexe, plus approfondi.

Les revues de vulgarisation scientifique mensuelles dans quelques années ne seront peut-être plus qu’une revue relai, entre mille sources d’informations…

Merci de m’avoir lu, et à très bientôt ! J’attends vos avis et critiques…
Bien à vous.
Gulzar Joby

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 11:26

Bonjour à toutes et tous !

Aujoud'hui, je vais disserter sur des livres que je n'ai pas lu, ou si peu...
Je sais, cela ne se fait pas ! Mais vous allez comprendre. Je voudrais aborder le cas d'écrivain qui au cours de leur carrière s'essaie à écrire un livre de SF, voir d'Anticipation.
C'est leur droit le plus absolu ! Et nous ne pouvons que nous féliciter de voir de nouveaux auteurs rejoindre nos rangs ! Néanmoins, est-ce réellement possible de passer d'une écriture contemporaine à la SF de qualité pour un seul livre, sans écrire de nouvelles ? Ce n'est pas évident sans aucun doute...

Je pense à Michel Welbeck avec un roman récent, que je n'ai pas lu.
Mais ce qui m'a donné envie d'écrire cette courte chronique, c'est le dernier ouvrage de Didier van Cauwelaert, "Thomas Drimm", un roman pour adolescents apparemment, que je n'ai pas lu non plus, mais dont je l'ai entendu parler à la radio.

L'un des contextes du livre est que les futurs USA prétendent avoir rayé de la carte préventivemment les autres pays, et par crainte de représailles vivent sous un bouclier d'anti-matière, non ne quitter pas encore mon blog...
Une autre idée est que les grosses personnes, les obèses, sont enfermés dans des camps médicaux, pour les faire maigrir de force.

Voici exactement deux hypothèses qui nous parlent ! Le bouclier nous fait bien rire. C'est illusoire, et suppose un effort technique démentiel, rappelle une SF dépassée, même si l'idée de la "prévention" n'a, elle, rien d'absurde.
Par contre, les camps de "maigritude" sonne très juste je trouve. C'est réaliste, sinistrement possible dans notre monde de culpabilisation à outrance du "malade"... C'est bien vu.

La différence entre auteurs vivants quotidiennement avec la science, la réflexion sur les moeurs politiques, techniques, politiques, et romancier SF d'un moment, c'est sans doute la connaissance des oeuvres des autres, de l'Histoire de la SF. C'est aussi la possibilité de construire un univers réellement cohérent, basé sur des analyses, des hypothèses réalisables, basées non sur la technologie seule mais aussi sur le comportement de l'espèce humaine ; et non dans des clichés de la SF, jouissifs bien sûr, mais tout de même dépassés...

Le bouclier anti-matière n'a aucune chance d'exister, car il coûte trop cher pour les électeurs, trop d'impôts... et un bouclier est toujours percé, rappelons-nous de la Ligne Maginot... C'est l'IDS, en mieux, qui n'a jamais servi à autre chose qu'à contribuer à faire disparaître l'URSS, et n'avait aucune vocation à réellement fonctionner...

Par contre l'esthétique dictatorial des corps, la volonté de soumission et de culpabilisation d'une population fonctionnera toujours. Des premières traces de sculpture aux couvertures de magazines de mode en passant par l'eugénisme, l'histoire se prolongera dans notre futur...

Surtout, écrire de la SF pour moi, c'est ne pas se laisser dominer par la sciences, les techniques, ne pas jeter une hypothèse comme cela, mais lui trouver sa place dans une oeuvre profondément crédible sur tous les plans... Même si encore une fois, il s'agit d'être "crédible", et non d'affirmer un futur certain. C'est difficile à obtenir, mais des auteurs y sont bien parvenus !!

Surtout, les auteurs de SF, "passagers d'un moment" ne raisonnent pas vraiment, car raisonner demande des années, des amis, des correcteurs, des correspondants, etc...

Néanmoins, s'ils arrivent à ramener des lecteurs, notamment des jeunes lecteurs à la SF, à se poser des questions, tant mieux !! Qu'ils en soient remerciés...

A bientôt !
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 11:05

Bonjour à toutes et tous !


Aujourd'hui, le dernier film SF en salle actuellement, que je vous recommande d'aller voir, car il est intéressant, bien au-delà d'une histoire d'invasion extra-terrestre, thème bien utilisé déjà...
Il s'agit de District 9, réalisé par Neil Blomkamp, australien.

 

district-9

Sans trop en dire, comme d'habitude, résumons l'histoire. Un immense vaisseau, visiblement à vocation industrielle, dont l'équipage dirigeant a été atteint par une maladie, se met en stationnement au dessus de Johannesburg, en Afrique du Sud, plus ou moins de nos jours.
Les ouvriers descendent à terre, fouillent les poubelles pour manger, font peur aux terriens. Les autorités pour éviter la panique les mets en quarantaine, dans l'équivalent des townships nés de l'apartheid.
Surtout, beaucoup de monde serait très intéressé pour récupérer et savoir utiliser les armes puissantes des ET, ne fonctionnant qu'avec leur ADN...
Je ne vous en dis pas plus ! Allez au cinéma !

 

 

District-9-29573

Je voudrais simplement aborder quelques traits vraiment intéressant du film.
Deux aspects dominent, écrasent même le film de tout leur poids !

En premier lieu, le vaisseau lui-même.

Imposant, lourd, grisâtre, presque sale, il rappelle tout de même par sa forme circulaire le vaisseau de Rencontre du troisième type, et la forme générique "soucoupe volante". Il est donc classique finalement. Mais il possède, outre sa taille de quelques kilomètres de diamètre, une caractéristique très bien trouvé je trouve. Il est parsemé de tout un attirail industriel, tuyaux, machineries  digne d'une usine pétro-chimique humaine.
Certes, cela justifie la  présence de centaines de milliers d'ouvriers à bord.
Mais plus encore, sans rien en dire au cours du film, une question se pose. A quoi sert cette usine ? Que fabrique-t-elle ? fait-elle parti d'un convoi ? Est-elle dangereuse ? Ne pourrait-elle pas exploser ?
Je trouve que ce mystère planant au-dessus de Johannesburg apporte un non-dit intéressant en terme scénaristique ! La solution dans l'épisode deux ? Ou trois ?
En tous cas, cela en rajoute au phénomène d'incompréhension entre les deux espèces. Au lieu de se retrouver en guerre, l'humanité doit gérer un accident industriel, des ouvriers sans plan de conquête quelconque..!

Je peux me tromper, mais je crois bien que c'est la première fois qu'une rencontre E.T. au cinéma met l'humanité en rapport avec un peuple, et non une élite, tant soldatesque que scientifique ou politique !!!
C'est un nouvel aspect, intéressant, qui structure l'histoire elle-même.
Dans "District 9" des fonctionnaires banals ont à nourrir, surveiller des extra-terrestres banals...

En second lieu, la manière de filmer.

Tout du long, la caméra à l'épaule, ainsi que certaines scènes spécifiques, nous ramène très clairement au documentaire ! Choix logique par rapport à l'idée même du film, la banalité des protagonistes.
Pas de héros, que de la vie quotidienne ! Comme lors de la visite du fonctionnaire au township faisant signer leur avis d'expulsion aux E.T. pour un nouveau camp tout neuf, à deux cent cinquante kilomètres de Johannesburg !

 

district 9 28

Un vrai charme opère, c'est indéniable !
Néanmoins, je crois que ce type de caméra sans cesse flottante, sans plan fixe, comporte un inconvénient majeur à mon goût, non à la vision du film, mais après.

Car un livre, un film, un tableau, une chanson a un "après ", qu'un créateur ne doit pas négliger.

J'ai évoqué plus haut Rencontre du troisième type, que je chroniquerai sans doute un jour prochain ! Et bien je peux me souvenir de dizaines de plans ! Je puis revivre ce film, tout seul dans ma tête, il est en moi ! Comme d'autres films tournés avec peu de mouvements de caméra, de Chaplin à 2001, l'Odyssée de l'Espace, ils sont pensés pour demeurer.

Je ne peux revivre District 9, par manque de plans fixes, de scènes repérables visuellement, stables. Je peux en parler avec mes correcteurs, des ami(e)s, écrire dessus, mais ce film ne fera pas réellement, profondément parti de moi.

C'est dommage.

A bientôt.
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:59

Bonjour à toutes et tous !

Stanislas Lem est l’un des auteurs que j'apprécie beaucoup. J'ai commencé à lire l'un de ces romans, Mémoires trouvés dans une baignoire. Immédiatement, j'ai réalisé qu'il était impossible que Terry Gilliam n'ait pas lu ce livre avant de réaliser "Brazil" !!! On retrouve cette même ambiance démente de bureaucratie qui tourne en rond, sans plus d'objet véritable... Le texte n'est pas très facile à lire, il faut être bien concentré. Le lecteur est aussi perdu que le personnage d'agent secret, qui perdu cherche le sens de sa mission, face à l'administration d'un Pentagone apeuré. Il s'agit donc des mémoires de cet homme, miraculeusement retrouvé après la disparition total du papier sur Terre, dûe à une bactérie ramenée d'exploration spatiale ! Hypothèse que je trouve très forte. Il y aurait là de quoi écrire un roman !

 

Mémoires trouvés dans une baignoire donc, de Stanislas Lem, édité en 1961 en France.
J'aime beaucoup cet auteur ; malgré tout je n'ai pas fini le livre... Situation rare... En fait, j'ai sauter des chapitres entiers pour lire le dernier...

Ce livre est vraiment très intéressant sur la forme littéraire, sur ce que peut accepter un lecteur d'hier et d'aujourd'hui...
Sans rentrer dans les détails, le récit commence par une très belle hypothèse, digne de l'auteur de Solaris. Un agent infectieux ramené d'une expédition spatiale détruit tout le papier sur Terre...
Le livre est ensuite constitué d'un carnet de notes d'un agent d'un Pentagone tombé en pleine paranoïa, retrouvé dans une baignoire...
Le lien entre ces deux principes narratifs très fort n'a rien d'évident, sinon la volonté de Lem !!!

Mais peut importe, l'auteur a tous les droits.
A titre personnel, je ressens que cette hypothèse de destruction massive et quasi totale du papier donnerait un formidable roman !!!

Alors que nous nous retrouvons dans le délire d'une organisation à la dérive, qui semble avoir inspiré directement Brazil de Terry Gilliam !!!
Contrairement au film par contre, nous ne rions pas... Lem, et c'est à son honneur littéraire, a fait le choix d'une description quasi archiviste, c'est à dire difficile d'accès.
Par moment, je n'avais plus la sensation de lire une fiction, mais un rapport administratif... Lem a décidé de combatre le feu par le feu !!! Il décrit une administration avec un langage administratif, long, redondant, pas très complexe, mais soporifique...

C'est un risque. Trop grand aujourd'hui, dans une société de spectacle... Je suis attaché à découvrir tous les styles, les auteurs, même ceux qui ne m'attire pas au départ afin de me cultiver littéraierment, mais là, l'effort est trop violent...
L'on s'ennuie... L'on a du mal à suivre les péripéties.

A la limite, le roman est formidable, réduit à une longue nouvelle...

Pourtant, je dois dire que c'est dérangeant de resentir physiquement cette ennui, cette angoisse devant ces fonctionnaires perdus, tués, suicidés, manipulés, manipulateurs...
Certainement, le roman parle des régimes communistes de l'Est, même s'il se situe maliceusement aux USA !

A vrai dire, j'aimerai avoir d'autres avis ! Si quelqu'un a lu ce roman, qu'il m'envoit son avis, je le mettrai sur le blog avec plaisir, quel qu'il soit !

Car ce roman de Lem pose le problème important que j'ai déjà abordé dans de précédentes chroniques, le maudit souci d'efficacité !!! Doit-on être efficace, compris facilement, conforter le lecteur dans une certaine paresse en lui mâchant le travail ?

Moi qui cherche à pouvoir être lu du plus grand nombre sans sombrer dans la médiocrité, je suis en plein dans cette problématique...

Il pourrait être facile de se dire que tout s'aggrave, que les gens deviennent incultes avec le règne de l'Image Reine, que les auteurs sont moins bons aujourd'hui, etc, etc, etc...
Mais nous devons simplement garder à la conscience qu'un auteur écrit dans son temps, pour les auteurs de son temps, avec parfois l'insouciance d'être lu par des générations trop lointaines !

Et puis passer son temps à se plaindre de ses contemporains ne sert à rien. C'est aux auteurs d'aujourd'hui d'exprimer aujourd'hui, pour les lectrices et lecteurs d'aujourd'hui.

Tout en n'hésitant pas à chercher à imposer un style, une conception du récit, de l'écriture !

Un auteur certes doit se préoccuper d'être lu et compris, mais ne doit pas chercher non plus à plaire... Il ne doit pas courir derrière une mode, mais construire une oeuvre.

Il doit exprimer la complexité du monde dans une séduction d'une grand simplicité...

Etrange paradoxe que révèle très bien Mémoires trouvés dans une baignoire... Très joli titre d'ailleurs !

A bientôt pour une chronique cinéma, Avec District 9, excellent film, mais qui comporte un gros défaut à mon humble avis...
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:54

Bonjour à toutes et tous !

 

abordons un pur chef d'oeuvre, n'ayons pas peur des mots ! Je crois que toute personne qui l'a visionné est du même avis... Je ne vais pas vous faire une trop longue chronique cinématographique, je vais juste aborder un aspect qui concerne directement l'écriture de SF, autant filmique que littéraire, que reste-t-il du passé dans le futur ?

Il s'agit donc de Bienvenue à Gattaca d'Andrew Nicoll, de 1977.

L'un des aspects les plus frappants de ce film, et qui explique, entre autre, le trouble fascinant qu'il provoque chez ses spectateurs, est l'absence totale d'iconographie futuriste pour un film d'Anticipation...
Il y a là certainement un souci de ne pas greffer le budget du film par des effets spéciaux, décors à construire, etc...
Mais surtout, c'est un vrai et formidable parti pris de narration !!

Objectivement, ce film n'est pas un film de SF, Pourtant, il se passe dans le futur...

Les décors sont réels, les maisons réels, les meubles en bois, les fusées une simple trace dans le ciel, les habits quasi rétro.
Mieux même ! Deux des principaux personnages conduisent de vieilles voitures, qui portent en eux un message très fort ! Ils s'agit d'un cabriolet DS Citroën et d'une Studbaker Avanti, deux voitures hors-normes, décalés dans une production automobile plus banale. Signe fort et contradictoire pour ces personnages censés être sélectionnés génétiquement pour entrer à l'école astronautique, qui vivent dans un monde ne supportant plus  "l'imperfection"...
Dernière audace du film, même le scaphandre de l'astronaute est remplacé par un costume cravate ! Ce métier rare, ou la sélection est déjà un fait établi, pourrait en être un autre, employé de bureau par exemple... Ce signe élargit le propos du film, le rend universel, et non anecdotique.

Et tout cela semble normal, ne provoque aucun rejet. bien au contraire, cela rend le film intelligent, ambivalent, fascinant, ouvert à tout type de publics.
Où sommes-nous véritablement ? Dans un monde possible ? Dans une extrapolation certaine du nôtre actuel ? Dans le passé des idées eugénistes du début du 20ème siècle, qui se prolongent encore ? Partout à la fois, dans les abîmes de l'Humanité ?

J'ai visionné déjà trois fois Bienvenue à Gattaca. Je ne vais pas tarder à le revoir à nouveau. Car il est une source constante de réflexion et de plaisir. 36, quai du Futur est en effet au coeur de cette problématique, "que reste-t-il du passé dans le futur ?". Beaucoup de choses !!!

Mon objectif est de développer en priorité une SF proche dans le temps, accessible à un public d'amateurs, mais aussi d'un public curieux peu habitué à la littérature d'imagination, avec une approche thématique.

Et le meilleur moyen pour atteindre cet objectif ambitieux, c'est de refuser de partir dans la pure imagination. Qui est un autre domaine d'écriture, plus ultime, où seuls des gens comme Serge Brusselo,  Pierre Pelot ou Jack Vance peuvent s'aventurer pour des dizaines de romans...

Un des outils que j'ai développé pour 36, quai du Futur est un planisphère réécrit. Continents par continents, pays par pays, tout est réécrit, pensé dans une évolution plus ou moins logique.
Et cette recherche narrative revient régulièrement dans mes nouvelles, dans les romans à venir, comme ossature discrète. L'écriture aussi alimente cette planisphère, car des inventions arrivent qui mérite de rester, de resservir ailleurs.

Pour ma part, j'aime à torturer le présent, le morceller, en conserver ce qui me semble logique, sympathique, terrifiant, grotesque, beau, laid, pour l'emmener dans un futur probable ou très imaginatif, mais qui conservera une vraisemblance proche de nos références actuels.

Nous ne serons pas perdus. Nous serons chez nous. Pourtant, ce n'est plus vraiment chez nous... Bien sûr, écrire dans cette optique peut amener certains connaisseurs et amateurs à percevoir cette SF comme moins forte, plus sage, moins fortement prospective, moins dingue !

C'est ainsi. On ne peut pas écrire quatorze littératures à la fois, il faut faire des choix cohérents.
Ceci dit, rien n'empêche d'être imaginatif, de pulvériser nos visions étroites du monde, et en même temps d'être assez proche dans le temps, et très vraisemblable dans certaines parties du récit !

Ecrire un récit qui se passe dans cinquante ans ne signifie pas que l'on n'a pas de talent ou d'ambition !!
Au contraire même. La "pure imagination" vous permet tous les excès, tous les délire, tandis que "l'imagination vraisemblable" demande une attention de tous les instants pour jongler entre vraisemblance et invraisemblance.

Car je suis d'accord sur un point que vous partagez j'espère.
Ecrire un récit SF soi-disant réaliste n'a guère de sens... L'on risque de s'ennuyer ferme, et les auteurs ne sont pas des futurologues, des statisticiens, des planificateurs, des  devins.
Les auteurs sont là pour apporter du plaisir de lecture, c'est là leur fonction essentielle.

A bientôt, avec sans doute une chronique sur Stanislas Lem !
Gulzar

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:49

C'est la rentrée !
Bonjour à toutes et tous !

Désolé de vous avoir abandonné durant dix jours, mais j'avais du travail payé à faire...


De plus, j'ai envoyé à Phenix  la première nouvelle d'une série policière d'Anticipation proche, dérivée de 36, quai du Futur, mais abordable par un plus large public. Cette série est basée en Belgique, j'espère donc qu'elle intéressera Phenix !!! L'idée est d'écrire une nouvelle toutes les six semaines environ, support possible à de courts romans. Je poursuis là mon envie d'écrire pour un public curieux, mais que le mot "Science-Fiction" rebute quelque peu...
Des nouvelles bientôt j'espère.

 

Juste une petite note sur un film pour aujourd'hui.

Jj'ai visionné pour mon thème "Enfants" un film qui m'a vraiment plu, une chouette découverte je dois dire ! Il s'agit de Stella, de Sylvie Verheyde de 2008. Je ne vous dis rien, essayez de le voir. L'histoire se passe  en 1977, dans un café...
Je dois écrire que j'ai rarement vu un film avec des enfants qui m'ait autant touché depuis "Le vieil homme et l'enfant" de Claude Berry et "Sa majesté des Mouches, même si dans "Stella" les enjeux sont moins dramatiques.
Nous ne sommes pas loin pour partie du cinéma de Jacques Doillon.

 

Je vous le conseille vivement !

 

A bientôt.

Gulzar

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