Bienvenue à toutes et à tous. Je suis Gulzar Joby, auteur de Science-fiction. Retrouvez mes parutions, mon carnet de notes et les autres rubriques de mon blog.
Pour aujourd'hui, plongeons au fond des océans...
PREUVES DE LA THEORIE DE LA TERRE.
ARTICLE XIII.
Des inégalités du fond de la Mer & des Courants.
" On est donc assuré qu’il y a des inégalités dans le fond de la mer, & des montagnes très considérables, par les observations que les navigateurs ont faites avec la sonde. Les plongeurs assurent aussi qu’il y a d’autres petites inégalités formées par des rochers, & qu’il fait fort froid dans les vallées de la mer ; en général dans les grandes mers les profondeurs augmentent, comme nous l’avons dit, d’une manière assez uniforme, en s’éloignant ou en s’approchant des côtes.
Par la carte que M. Buache a dressée de la partie de l’océan comprise entre les côtes d’Afrique & d’Amérique, & par les coupes qu’il donne de la mer depuis le cap Tagrin jusqu’à la côte de Rio-Grande, il parait qu’il y a des inégalités dans tout l’océan comme sur la terre ; que les abrolhos où il y a des vigies & où l’on voit quelques rochers à fleur d’eau, ne sont que des sommets de très grosses & de très grandes montagnes, dont l’isle Dauphine est une des plus hautes pointes ; que les isles du Cap Verd ne sont de même que des sommets de montagnes ; qu’il y a un grand nombre d’écueils dans cette mer, où l’on est obligé de mettre des vigies, qu’ensuite le terrain tout autour de ces abrolhos, descend jusqu’à des profondeurs inconnues, & aussi autour des isles.
A l’égard de la qualité des différents terrains qui forment le fond de la mer, comme il est impossible de l’examiner de près, & qu’il faut s’en rapporter aux plongeurs & à la sonde, nous ne pouvons rien dire de bien précis ; nous savons seulement qu’il y a des endroits couverts de bourbe & de vase à une grande épaisseur, & sur lesquels les ancres n’ont point de tenue, c’est probablement dans ces endroits que se dépose le limon des fleuves ; dans d’autres endroits ce sont des sables semblables aux sables que nous connaissons, & qui se trouvent de même de différente couleur & de différente grosseur, comme nos sables terrestres ; dans d’autres ce sont des coquillages amoncelés, des madrépores, des coraux & d’autres productions animales, lesquelles commencent à s’unir, à prendre corps & à former des pierres ; dans d’autres ce sont des fragmens de pierre, des graviers, & même souvent des pierres toutes formées & des marbres, par exemple, dans les isles Maldives on ne bâtit qu’avec de la pierre dure, que l’on tire sous les eaux à quelques brasses de profondeur ; à Marseille on tire du très beau marbre du fond de la mer, j’en ai vu plusieurs échantillons, & bien loin que la mer altère & gâte les pierres & les marbres, nous prouverons dans notre discours sur les minéraux, que c’est dans la mer qu’ils se forment & qu’ils se conservent, au lieu que le soleil, la terre, l’air & l’eau des pluies les corrompent & les détruisent.
Nous ne pouvons donc pas douter que le fond de la mer ne soit composé comme la terre que nous habitons, puisqu’en effet on y trouve les mêmes matières, & qu’on tire de la surface du fond de la mer les mêmes choses que nous tirons de la surface de la terre ; & de même qu’on trouve au fond de la mer de vastes endroits couverts de coquillages, de madrépores, & d’autres ouvrages des insectes de la mer, on trouve aussi sur la terre une infinité de carrières & de bancs de craie & d’autres matières remplies de ces mêmes coquillages, de ces madrépores, &c. en sorte qu’à tous égards les parties découvertes du globe ressemblent à celles qui sont couvertes par les eaux, soit pour la composition & pour le mélange des matières, soit par les inégalités de la superficie. "