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Bienvenue à toutes et à tous. Je suis Gulzar Joby, auteur de Science-fiction. Retrouvez mes parutions, mon carnet de notes et les autres rubriques de mon blog.

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Buffon 44

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Aujourd'hui, nous revenons sur les principes mêmes de la Science, de la nécessité de ne pas s'encombrer d'idées fausses...

 

HISTOIRE NATURELLE.

HISTOIRE DES ANIMAUX.

CHAPITRE V.

 

Exposition des Systèmes sur la génération.

 

 

"  Il est bien difficile en effet de voir que nos idées ne viennent que par les sens, que les choses que nous regardons comme réelles et comme existantes, sont celles dont nos sens nous ont toujours rendu le même témoignage dans toutes les occasions, que celles que nous prenons pour certaines, sont celles qui arrivent et qui se présentent toujours de la même façon ; que cette façon dont elles se présentent ne dépend pas de nous, non plus que la forme sous laquelle elles se présentent ; que par conséquent nos idées, bien loin de pouvoir être les causes des choses, n’en sont que les effets, et des effets très-particuliers, des effets d’autant moins semblables à la chose particulière, que nous les généralisons davantage ; qu’enfin nos abstractions mentales ne sont que des êtres négatifs, qui n’existent, même intellectuellement, que par le retranchement que nous faisons des qualités sensibles aux êtres réels ?

 

Dès lors ne voit-on pas que les abstractions ne peuvent jamais devenir des principes ni d’existence ni de connaissances réelles, qu’au contraire ces connaissances ne peuvent venir que des résultats de nos sensations comparées, ordonnez et suivis, que ces résultats sont ce qu’on appelle l’expérience, source unique de toute science réelle, que l’emploi de tout autre principe est un abus, et que tout édifice bâti sur des idées abstraites est un temple élevé à l’erreur ? 

 

Le faux porte en philosophie une signification bien plus étendue qu’en morale. Dans la morale une chose est fausse uniquement parce qu’elle n’est pas de la façon dont on la représente ; le faux métaphysique consiste non seulement à n’être pas de la façon dont on le représente, mais même à ne pouvoir être d’une façon quelconque ; c’est dans cette espèce d’erreur du premier ordre que sont tombés les Platoniciens, les Sceptiques et les Égoistes, chacun selon les objets qu’ils ont considérés ; aussi leurs fausses suppositions ont-elles obscurci la lumière naturelle de la vérité, offusqué la raison, et retardé l’avancement de la philosophie.

 

Le second principe employé par Platon et par la plupart des spéculatifs que je viens de citer, principe même adopté du vulgaire et de quelques Philosophes modernes, sont les causes finales : cependant pour réduire ce principe à sa juste valeur, il ne faut qu’un moment de réflexion ; dire qu’il y a de la lumière parce que nous avons des yeux, qu’il y a des sons parce que nous avons des oreilles, ou dire que nous avons des oreilles et des yeux parce qu’il y a de la lumière et des sons, n’est-ce pas dire la même chose, ou plutôt que dit-on ? trouvera-t-on jamais rien par cette voie d’explication ? ne voit-on pas que ces causes finales ne sont que des rapports arbitraires et des abstractions morales, lesquelles devraient encore imposer moins que les abstractions métaphysiques ?

 

Car leur origine est moins noble et plus mal imaginée, et quoique Leibnitz les ait élevées au plus haut point sous le nom de raison suffisante, et que Platon les ait représentées par le portrait le plus flatteur sous le nom de la perfection, cela ne peut pas leur faire perdre à nos yeux ce qu’elles ont de petit et de précaire : en connaît-on mieux la Nature et ses effets quand on sait que rien ne se fait sans une raison suffisante, ou que tout se fait en vue de la perfection ? Qu’est-ce que la raison suffisante ? qu’est-ce que la perfection ? ne sont-ce pas des êtres moraux créés par des vues purement humaines ? ne sont-ce pas des rapports arbitraires que nous avons généralisés ? sur quoi sont-ils fondés ? sur des convenances morales, lesquelles bien-loin de pouvoir rien produire de physique et de réel, ne peuvent qu’altérer la réalité et confondre les objets de nos sensations, de nos perceptions et de nos connaissances avec ceux de nos sentiments, de nos passions et de nos volontés. "

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