Bienvenue à toutes et à tous. Je suis Gulzar Joby, auteur de Science-fiction. Retrouvez mes parutions, mon carnet de notes et les autres rubriques de mon blog.
Le hasard de la vie
Wictorius en était venu à cette sombre réflexion, de celles qui vous font passer de l’enthousiasme de l’enfance à la lucidité de l’adulte.
Le carnaval, c’était l’enfer pour qui ne s’amusait pas.
Fortazela avait été en folie toute la nuit. Ce matin encore, les gamins édifiaient des barricades avec les chars détruits à coups de hache après l‘élection de Miss Méduse, comme la tradition l’exigeait. Personne n’avait dormi à bord, malgré la prise massive de Ultrasonífero 8008.
Wictorius ne se sentant guère en état de conduire et avait cédé le volant à Sylvester. Dolph, lui aussi, avait quitté la carriole gonflable pour s‘occuper de la carte routière.
Beatrix, elle, dormait encore dans la chambre de la chapelle à six roues. Sylvester prit la route secondaire pour Belém, nettement plus rectiligne. Suivre la côte lui donnait le tournis.
- Chef , pourquoi nous ?
- Comment ça, vous ?
- Oui, Chef. Pourquoi nous avoir choisir, nous, Dolph et moi-même ? Pourquoi pas le trio Jabadao, des bons collègues à nous ?
Avalant son troisième bol de café, Wictorius prit le temps de la réflexion.
- Et bien c’est à dire que le Généralissime du bureau d’embauche a sorti votre fiche et m’a vanté vos compétences. C’est aussi simple que cela.
Tandis que Dolph baissait sa vitre pour insulter un conducteur de triporteur trop lent, Sylvester passa la septième économique qui grinçait.
- Comme quoi, la vie tient à pas grand-chose… Une autre fiche sortie, et nous serions encore à parcourir en voiturette le golf du camp de villégiature militaire !
- Alors que là, Chef, nous roulons peut-être vers d’indicibles souffrances ! Mais crève donc, porteur d’eau, imbécile heureux !
Soudainement inquiet, Dolph serra le bras de Wictorius, qui en lâcha sa tartine de rhubarbe.
- Chef, là, regardez ! Des panneaux en japonais !
La suite demain !