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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 06:42

Bonjour à toutes et à tous

 

Chronique sur un ouvrage en deux tomes dont je vous avais déjà parlé sur le blog 36 lors de son achat pour six euros d’occasion, La grande aventure de l’espace, ouvrage collectif en deux tomes datant de 1967, aux Éditions Rombaldi. 

 

grande aventure espace rombaldi

 

1967. Tout est dans la date. 

 

En effet, cette encyclopédie, le mot n’est pas trop fort tant l’ouvrage est complet, fait le point sur la course à l’Espace proche, mais surtout sur la course à la Lune. 

En cette année, malgré l’énorme effort de recherche et industriel des USA pour rattraper l’avancée technologique et le savoir-faire Soviétique en matière spatiale, impossible de deviner avec certitude qui va l’emporter, qui des deux superpuissances va poser la première le pied sur la Lune.

 

D’où une fascinante lecture. Les deux pays sont traités à égalité d’intérêt, avec des articles provenant des USA ou de la CCCP ; les autres nations comme l’Italie, la France, la Grande-Bretagne, étant traitées en détail également à la fin de l’ouvrage. 

Bien entendu, il y a plus de documentation états-unienne, mais l’on connaît les différences de propagande des deux superpuissances. 

 

Grand absent également, Korolov, le grand maître d’œuvre de la conquête spatiale humaine et capable d’envoyer un homme sur la Lune, pour peu que Moscou consente à lui fournir les moyens financiers, ce qui ne sera pas le cas. En 1967, cet ingénieur reste invisible, caché par le régime socialiste. Son nom n’existe pas et ne sera révélé que lors de sa mort prématurée. 

L’ancien nazi Von Braun est lui par contre bien présent puisqu’il est le concepteur du programme lunaire états-unien. 

 

Paradoxalement, cet ouvrage paru en France offre un aspect de neutralité très intéressant, contrairement aux ouvrages actuels sur la conquête de l’Espace vantant les succès américains en oubliant nombre de réalisations russes à défaut d'être soviétiques. Il n’y a encore en 1967 aucun prétendus vainqueur et vaincu. 

Nous sommes en pleine conquête, dans l’action, dans le détail, dans les possibilités, les doutes comme sur la nature du sol lunaire, dans l'échec, dans l’effort difficile. À la lecture, c’est tout à fait saisissant. 

 

La grande aventure de l’espace container pour les chiens

 

 container pour les chiens de Cosmos 110

 

Alors à vrai dire, je n’ai sans doute lu que les trois quarts des presque 800 pages des deux volumes. Mais quel rare plaisir. Tous, absolument tous les aspects de la conquête spatiale sont abordés dans de longs chapitres, parfois même à l’aide de formule mathématiques comme pour le calcul de trajectoire. Combinaison, moteurs, fabrications des étages de fusées, entraînement physique des cosmonautes, vols avec animaux, sondes lancées dans le système solaire, engins lunaires prévus, futurs mission vers mars, retombés technologiques pour le grand public, tableaux complets des missions diverses et des satellites comme des sondes, etc…

 

Beaucoup d’images, de diagrammes, mais l'immense majorité en noir et blanc. Ce qui visuellement s’intègre très bien au texte, beaucoup de texte pour une vraie connaissance de fond, certes vulgarisée pour le public averti et la jeunesse. La grande aventure de l’espace n’a pas peur de faire long, d’entrer dans le détail complexe, quitte à susciter chez le lecteur la sensation de ne pas tout comprendre, sans que cela soit gênant. 

 

En 1967, la vulgarisation scientifique ne donne pas à penser que la Science est facile, cool, fun. C’est dure, compliquée et risquée. Mais donne envie aussi à mon sens d’y participer, d’en savoir davantage, plus que de l’admirer béatement. 

La grande aventure de l’espace surtout ne commémore rien. C’est bien là rétrospectivement la force de ces deux volumes. 

 

Cette sensation de lecture est certainement aussi obtenue par l’absence de photographies couleur qui envahissent littéralement touts types de publications, pour la jeunesse comme pour les adultes. 

Car une photographie peut coûter moins chère que de payer un auteur rédigeant le texte. De plus, moins cyniquement, les éditeurs font face à un réel problème. Ils ont également peur de ne plus vendre de livre comportant trop de texte sans illustration, pour un lectorat incapable de se concentrer sur une lecture prolongée. 

 

D’une certaine manière, l’attrait du lecteur pour la photographie couleur remplace l’intérêt pour le texte, donc pour le savoir réel. Un livre de vulgarisation ne vulgarise plus grand-chose, mais donne à voir de la beauté. 

 

La grande aventure de l’espace lune


véhicule lunaire, qui vous l'aurez noté a  inspiré

celui de la série SF Yoko Tsuno de Roger Leloup...


la grande encyclopedie vehocule yoko tsuno

 

La photographie est un art. Consacrer par exemple un livre aux photographies prises par les astronautes sur la Lune par exemple, à en montrer la beauté, ne pose aucun souci.

Par contre, remplacer du texte qui seul est capable d’instruire le lecteur, par de la photographie dans un ouvrage de vulgarisation scientifique pose problème. Car seul l’écrit instruit. Une image des anneaux de Saturne ne renseigne en rien sur leur nature physique, leur masse, les hypothèses sur leur formation, leur devenir possible, leur exploitation humaine hypothétique, etc… 

 

À force de trop belles images censées nous apprendre quelque chose, nous attirer à la lecture réduite à portion congrue, nous devenons dangereusement inculte. 

Voilà une des leçons de cette Grande aventure de l’espace. Réapprenons à lire beaucoup et longtemps.

 

Gulzar 

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Published by 36 quai du futur - dans CARNET DE NOTES
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